OUVERTURE DES ÉTATS-GÉNÉRAUX
Le 5 mai 1789, Madame Elisabeth accompagnait la reine à l'ouverture des Etals-Généraux. Le 6 juin, elle pleurait avec elle la mort du Dauphin. Dans le cours de ce même mois, elle apprenait la séance du 17 juin, et le 30 , qu'une multitude armée avait forcé les portes des prisons de l'Abbaye, où des gardes françaises avaient été envoyées pour délits disciplinaires par le duc du Chastelet. Les événements marchaient avec une rapidité effrayante : le mois, déjà témoin de la fin de l'héritier du trône, de la déclaration de Sièyes, soutenu par Mirabeau, proclamant le Tiers- Etat assemblée nationale, se terminait ainsi par le triomphe d'une émeute à Paris.
Le 1er juillet amena à Versailles la première de ces sinistres députations qui ne cessèrent qu'avec les journées d'octobre. Usurpant les droits du pouvoir exécutif, l'émeute du 30 juin s'était emparée des prisonniers et les avait conduits au Palais-Royal, sous la sauvegarde du peuple. Vingt individus sans caractère public, alléguant le patriotisme des gardes incarcérées, partirent ensuite de Paris et vinrent à Versailles demander leur grâce à l'Assemblée. De la terrasse de Montreuil, Madame Elisabeth vit ces hommes aux visages sombres, obéissant à des chefs inconnus, avancer dans la poussière des avenues royales, sans trouver la résistance qu'ils attendaient peut-être. L'Assemblée craignait de favoriser l'insubordination et d'encourager le peuple aux usurpations du pouvoir, et ne voulait