RENVOI DU MINISTÈRE DU 13 JUILLET
» aller à Metz ; mais que ferons- nous quand nous y » serons? (1) »
Le Roi se décida à rester à Versailles et à renvoyer le ministère. La nécessité d'une émigration se montra aussitôt pour plusieurs princes, et pour quelques familles attachées à la cour. L'Assemblée refusa au maréchal de Brogiie le droit de rentrer à Metz, chef-lieu de son gouvernement militaire. Dès lors, il se vit forcé de se réfugier à l'étranger. Le comte d'Artois, auquel le public attribuait l'idée du ministère du 13 juillet, reçut de Louis XVI l'ordre de se retirer hors du royaume. Il obéit. La terreur que la populace inspirait était telle qu'un personnage considérable, près de la terre duquel passa le comte d'Artois pendant son voyage, lui refusa asile. L'ordre de partir avait été envoyé aussi au prince de Condé. Il quitta Paris le 16 juillet et s'arrêta à Chantilly, où trois courriers successifs lui renouvelèrent l'injonction de sortir de France, ce qu'il ne fit qu'en versant des torrents de larmes. La minorité de l'Assemblée dominant la majorité provoquait ainsi l'émigration. La Reine, instruite des menaces féroces dont on poursuivait la duchesse de Polignac, lui enjoignit de s'éloigner avec sa famille, le 16 juillet. La marquise de Tourzel lui succéda dans la dignité de gouvernante des Enfants de France.
Le 17 juillet vit le rétablissement du ministère Necker et le voyage de Louis XVI à Paris, où il prit la cocarde de l'insurrection triomphante. Il partit de
(i) Lettre du comte de Fersen au roi Gustave III, 29 février 1792. (Le comte de Fersen et la cour de France, pièces justificatives, CLl, t. II).