‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 52 sur 284 · MÉCONTENTEMENT DE MADAME ÉLISABETTI · texte numérisé non relu

MÉCONTENTEMENT DE MADAME ÉLISABETTI

Roi retrouver toute la confiance et l'affection des Français, eût éprouvé une joie sincère à la nouvelle de cette réunion. L'entrée de la comtesse d'Artois à Lyon, que cette princesse avait traversé en se rendant à Turin, avait déjà été une véritable ovation ; ses fils avaient été presque portés en triomphe, et le récit de ce voyage avait produit un grand effet à Paris. Mais la fête du 10P octobre à Versailles n'avait pas la même signification. « La princesse y voyait une menace, un défi pour » les ennemis trop nombreux de la royauté (1). » Enfin, on savait que c'était la municipalité de Versailles qui avait provoqué la venue du régiment de Flandre, et que le motif qui l'avait décidée était la conviction que la ville où résidait le Roi, et où siégeait l'Assemblée nationale, était menacée d'un coup de main par les perturbateurs de Paris. Donner de l'éclat à ce repas était donc une imprudence qui pouvait envenimer l'irritation.

La même relation rapporte « que Madame Elisabeth, » visiblement préoccupée de cette pensée, se rendit chez » la Reine. Elle la trouva entourée de personnes encore » exaltées et ravies du spectacle dont elles avaient » été témoin la nuit dernière. « Les vivats, s'écriaient » ces imprévoyants amis, dans leur fol enthousiasme, » les vivats ont dû être entendus de P«aris ! » La princesse resta rêveuse. Rentrée dans son appartement, elle raconta ce qu'elle venait d'entendre à Mme de Cimery, sa première femme de chambre, et ajouta tristement : « Pourvu que la populace de Paris ne » réponde pas à tout cela par des injures ! » Un instinct secret lui disait que cette fête devait allumer Fin- Ci) Beauchesne.

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