L'ÉMEUTE ARRIVE A VERSAILLES
» trisée par l'anarchie. » Les paroles de la Princesse, appuyées par M. de Narbonne Fritzlar, produisirent assez d'effet sur l'esprit de Louis XVI, pour qu'il donnât un acquiescement dans le conseil à l'avis de M. de Saint-Priest, ministre de l'intérieur, qui partageait l'opinion de Madame Elisabeth. Les ordres furent envoyés pour le départ, mais la promptitude que demandait avant tout la princesse, était impossible aux hommes de la Cour quand ils avaient à s'écarter des règlements de l'étiquette. Les uns avaient à prévenir les chefs de service absents, d'autres songeaient à leurs familles. M. de Saint-Priest quitta tout pour aller rassurer sa femme souffrante (1). Le peuple avançait pendant ce temps, et quand le ministre revint, l'opinion contraire de M. Necker et de ses collègues avait prévalu. Le Roi restait.
Cependant, lorsque la populace, arrivée devant les grilles du château, attaqua les gardes du corps, et que la garde nationale de Versailles parut se réunir aux factieux, Louis XIV reprit l'opinion de sa sœur et donna l'ordre de faire monter les voitures au château. « Mais » elles furent arrêtées par les propres gens de l'écurie • de sa Majesté et par la garde nationale de Versailles. » Il ne fut plus question de départ. Le Roi avait fait » venir une partie des gardes du corps dans les cours » du château, et ensuite sur la terrasse de l'Orangerie, » d'où il les fît partir pour Rambouillet, sous la con- » duite du duc de Guiche, ne gardant que ceux qui » faisaient le service de l'intérieur de château. » L'Assemblée délibérait pendant ce temps sur le défi) Mémoires de M™ de Tourzel, t. i, p. 8.