ARRIVÉE DE M. DE LAFAYETTE
cret du 30 septembre pour l'acceptation des premiers articles de la constitution et de la déclaration des Droits de l'homme, au milieu d'un public révolté. Mounier (1), président, s'effraya des dangers que le Roi pouvait courir en de pareilles circonstances, s'il continuait à refuser son contentement à ce décret. Il se rendit au château et obtint l'approbation de Louis XVI ; mais, en communiquant cette concession à l'assemblée, il s'aperçut que, loin d'avoir gagné l'appui du côté gauche, l'hostilité avait redoublé contre le pouvoir royal.
Autour du château, la garde nationale de Versailles, loin d'apaiser et de réprimer les factieux, fraternisait avec eux et applaudissait aux horribles propos qu'ils tenaient surtout contre la Reine. L'inquiétude augmenta. Louis XVI témoigna le désir de consulter l'Assemblée sur le parti qu'il y avait à prendre, au milieu de tant de périls. Mounier, accompagné de plusieurs députés, se rendit de nouveau chez le Roi, au moment où l'on annonçait l'arrivée de M. La Fayette, à la tète de la garde nationale de Paris.
Ce fut une trêve dans les angoisses de cette cruelle journée : Madame Elisabeth, comme la famille royale, reprit quelque confiance, lorsque La Fayette déclara au Boi que, n'ayant pas pu empêcher l'arrivée des Parisiens à Versailles, il venait le défendre avec sa garde nationale, et qu'il suppliait Sa Majesté de vou-
(t) Jean- Joseph Mounier, né à Grenoble en 1758, député aux États-Généraux en 1789, où il développa l'un des premiers le projet d'une constitution et d'une déclaration des Droite de l'homme. Il paraissait incliner vers la cause royale depuis le 14 juillet. Il quitta la France en 1790, revint en 1799 et mourut conseiller d'Etat en 1806.