‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 58 sur 284 · LA FAMILLE ROYALE SE DISPERSE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE ROYALE SE DISPERSE

de la massacrer ou de l'effrayer assez pour l'obliger à quitter la France. « Elle était convenue avec moi, » raconte la marquise de Tourzel (1), qu'au moindre » bruit je conduirais ses enfants chez elle ; mais elle » fît dire, à onze heures du soir, que si l'on avait de » l'inquiétude, je les menasse au- contraire chez le Roi. » Elle venait d'être avertie des dangers personnels » qu'elle pouvait courir dans son appartement, et on » l'avait engagée à passer la nuit dans celui du Roi ; » mais elle s'y refusa positivement, o J'aime mieux, » dit-elle, m'exposer à quelque danger, s'il y en a à » courir, et les éloigner de la personne du Roi et de » mes enfants. ■ Ce fut le motif du changement de » l'ordre qu'elle m'avait donné d'abord. •

Vers deux heures du matin, M. de La Fayette, qui était retourné dans la ville, remonta au château pour assurer le Roi et la Reine qu'ils n'avaient plus rien à craindre, les différentes personnes envoyées dans les quartiers envahis ayant confirmé la tranquillité qui régnait partout. La malheureuse famille se dispersa alors. Madame Elisabeth regagna son appartement et dormit pour la dernière fois dans le palais de Louis XIV.

Contrairement aux rapports faits à La Fayette, l'émeute n'était pas dissoute, et, loin d'être calmés, les meneurs s'assuraient entièrement de la garde nationale de Versailles et veillaient à l'exécution de leurs projets. « Un mélange de superstition, qui accompa- » gnait leur barbarie et qu'on aura peine à croire, les » fit aller, à six heures du matin, chez le curé de Saint- » Louis, dans la paroisse duquel ils avaient passé la

(i) Mémoires de Mme de Tourzel, t. I, p. 12.

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