LE ROI SE PRÉSENTE AU PEUPLE
» plus grands efforts pour engager la garde nationale » à défendre le Roi et à sauver les gardes du corps. » Les grenadiers le promirent, et frappèrent en consé- » quence à la porte de la salle des gardes, en criant » qu'ils venaient comme amis pour les défendre et » sauver le Roi (1).
Craignant une trahison, le brigadier des gardes du corps, M. de Ghavannes, se présenta à eux le chapeau sur la tête : Venez-vous nous assassiner ou défendre avec nous votre Roi, leur dit-il avec fierté. Ils répondirent avec enthousiasme : « Vive le Roi ! nous venons » le défendre et vous aussi. »
Louis XVI ouvrit alors les fenêtres de la pièce où il se trouvait et se présenta à son balcon avec les gardes du corps qui se trouvaient près de lui. Cette démarche changea les dispositions de la foule qui grondait dans les cours et une sorte de joie délirante succéda au massacre. Mesdames , le comte et la comtesse de Provence, les ministres, toutes les personnes considérables qui habitaient le château ou la ville arrivèrent et s'entretinrent, avec les députés et les envoyés de La Fayette, du parti qui restait à prendre.
Le peuple demandait à grands cris que le Roi vînt fixer son séjour à Paris, et l'opinion se prononçait vivement pour qu'il se rendît à ce vœu. Il hésita, puis donna sa parole de partir à midi. La multitude applaudit avec ivresse, salua Louis XVI et demanda à voir la Reine qui parut sur le balcon, tenant par la main ses enfants. Soudain des voix redevenues furieuses s'élevèrent de la foule : « Faites retirer les enfants. » La Reine n'hésita
(1) Mémoires de Mme de Tourzel, t. I, p. 15.