‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 67 sur 284 · APPARENCES DE RÉCONCILIATION · texte numérisé non relu

APPARENCES DE RÉCONCILIATION

un mouvement en sa faveur et une sorte d'accalmie passagère (1). Quelques émigrés revenaient en France, et d'anciens ennemis de M. Necker, apprenant une maladie grave de ce ministre, allèrent jusqu'à croire à un rappel de M. de Calonne. Madame Elisabeth signale ces diverses nouvelles :

4o Mars, — « On dit que Ton va faire revenir M. de » Calonne, que les jacobins le veulent.

30 Mars. — « Je suis tout étonnée que quelqu'un re- » vienne en France. Je crois que si j'en étais dehors, » cela serait pour longtemps. Il serait fâcheux que » tout le monde pensât de même, car notre pauvre » patrie serait encore plus malheureuse. »

L'étrange idée énoncée par la Princesse du rappel de M. de Calonne, par les jacobins, était un de ces rêves qui hantent l'imagination française dans les temps de détresse. On espérait toujours gagner les partis violents, que l'on jugeait maîtres de la situation, et placer ainsi le Roi à la tête de la Révolution. L'exécution de Favras était regardée comme un gage accordé aux factions, et quelques apparences de réconciliation entre le Palais-Royal et les Tuileries achevaient de rassénérer l'horizon. Mme de Balbi (2), amie particulière de Monsieur, reparut au Luxembourg, où demeurait ce prince, et rouvrit son salon , où se réunissaient les hommes politiques.

(1) Haydn avait composé en son honneur la belle symphonie appelée la « Heine de France » et ce morceau de musique, exécuté dans une salle de concerts publics aux Tuileries, était couvert des plus chaleureux applaudissements.

(2) Anne Jacobée de Caumont La Force, comtesse de Balbi, né à Paris en 1759, morte dans cette ville en 1842.

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