ÉDUCATION DE MADAME ÉLISABETH
sionnaires. « Je suis comme vous une enfant de la Pro- » vidence, » disait-elle à ces dernières, leur rappelant ainsi» avec une grâce modeste, les malheurs de son enfance. Celles des jeunes filles qui avaient mérité une récompense, l'accompagnaient à la chapelle et recevaient à ses côtés la bénédiction du Saint-Sacrement. Puis , des jeux , des promenades t un goûter moins frugal qu'à l'ordinaire, la rupture momentanée du silence conventuel, faisaient de ces visites de véritables jours d'allégresse.
L'instruction de Madame Elisabeth fut presque aussi sérieuse que celle de ses frères. Mme de Marsan obéissait ainsi à la volonté du Dauphin, père de ses élèves. Guillaume Le Blond donnait aux princesses les leçons d'histoire et de géographie (1). Elles suivaient assidûment les cours de physique de l'abbé Nollet. Mme de La Ferté-Imbaud , fille de la célèbre Mmô Geoffrin, arrangeait pour elles une analyse des vies de Plutarque, et avait inspiré à Madame Elisabeth un goût vif pour cet auteur. Plutarque était devenu « l'instituteur de son bas âge, • et lui avait dicté, comme à Henri IV, • beaucoup de bonnes honnêtetés et maximes excellentes (2). t
A des jours choisis, quelques dames instruites et distinguées étaient admises dans le salon de Mmt de Marsan, pour former ce qu'on appelait « un cercle » aux jeunes princesses. Celles-ci apprenaient, dans ces réunions d'élite, à recevoir avec grâce et dignité.
(1) Feuillet de Conches. Correspondance de Madame Elisabeth, Pion, 1858.
(2) Lettre de Henri IV à Marie de Médicis, Calais , 3 septembre 1601.