LA COUR A SAINT-CLOUD
» une bonne aventure. Je n'ai pas pour habitude de » prêter des chevaux à M. l'officier qui me garde. Cela
» a choqué celui-là, ainsi que ses chasseurs. En conséquence , ils voulaient couper les traits de ma » voiture. Heureusement, j'étais partie lorsqu'ils ont » formé ce petit projet. Mais, pour se venger, le icn- » demain, l'officier s'est campé sur le cheval de mon » page, sans seulement lui dire : « Dieu vous bénisse ! »> Tomber de cette « certaine mélancolie un peu
* triste » dans une querelle d'escorte, était rentrer bien brusquement dans la réalité. « La garde a trouvé » cela trop fort, continue Madame Elisabeth, et il a » été puni. Pareille chose n'arrivera plus, parce que » j'ai déclaré à M. de La Fayette que je n'avais pas - de chevaux à prêter à ces messieurs, et que je le » priais de donner des ordres pour qu'il n'y eut plus » de querelles, ce qu'il m'a dit qui serait t'ait. Cela est » tombé sur un mauvais sujet dont on voudrait, à ce » que l'on dit, être débarrassé. »
On reste deux jours à Saint-Cloud, puis le Roi obtient d'y faire un établissement d'été, à condition qu'il revienne tous les quinze jours se montrer aux Pariée siens. Le Roi est parti pour Saint-Cloud, dit un té- » moin, aux cris du peuple : Bon voyage au bon » papa!... Quelques femmes allaient de groupe en
* groupe pour répandre l'alarme et exciter de la » résistance.. . Beaucoup de gens voient avec peine » l'éloignement du Roi, et se persuadent qu'après avoir » essayé divers voyages à Compiègne et à d'autres » châteaux, on le déterminera un jour à effectuer sa
* retraite sur Metz..., » « Ces idées gagnent telle- » ment, qu'à la première alarme causée par un mou