DÉCHET DU 19 JANVIER
» vement même innocent, et qui n'aurait qu'un rapport » supposé avec l'enlèvement ou la fuite, il ne serait » pas étonnant de voir se renouveler les scènes des » 5 et 6 octobre (1). »
Ces alarmes n'atteignaient pas Madame Elisabeth , qui oubliait momentanément les dangers. 1 3 juin. — t Nous » voilà à Saint-Cloud. J'espère que nous y passerons » au moins dix jours... Je suis de l'autre côté du vesti- » bule. J'ai une fenêtre qui donne dans un petit jardin » fermé : cela fait mon bonheur. IJ n'est pas si joli » que Montreuil, mais au moins l'on y est libre, et » l'on y respire un bon air frais qui fait un peu oublier » tout ce qui est autour de soi, et l'on en a souvent » besoin. »
15 juin. — € Le temps est superbe. . . Le décret de » samedi afflige peu les personnes qu'il attaque, mais » bien les malveillants et ceux qui l'ont rendu, car il » est devenu le sujet de la dissipation des sociétés. »
Ce décret était celui du 19 juin, qui abolissait la noblesse héréditaire et les titres héraldiques. Le lendemain, l'Assemblée supprima les ordres de chevalerie, les livrées et les armoiries. Gomme toujours dans les graves circonstances, la gaîté française accueillit ces décrets et l'on ne s'abordait dans les salons qu'en se saluant du nom qui restait, en le ridiculisant ou en l'estropiant. 27 juin. — « Je ne demande pas mieux » que de m'appeler mademoiselle Capet, ou made- » moiselle Hugues, ou mademoiselle Robert, le véri-
(1) Correspondance secrète inédite sur Louis XVI, Marie- Antoinette, la Cour et la ville, de 1777 à 1792. Publiée par M. de Lescure, t. Il, p. 450.