LES BRETONS A PARIS
» en deux pour contenter chacun de ces hommes. » » Pendant ce temps, sa majesté l'Assemblée se con- » suite pour savoir quel drapeau elle prendra, et » songe à raviver cette vieille loque appelée l'ori- » flamme ; elle n'est occupée , pour l'instant, qua » détruire les titres et les symboles, et a certainement » aussi peur des Bretons que de Myladies les Pois- » sardes (\). »
Ce n'était pas seulement les Bretons qui se montraient à ce moment favorables au Roi : toutes les autres fédérations, et principalement celles du Dauphiné, de la Normandie, du Poitou et de l'Anjou, étaient ardentes monarchistes, et se flattaient hautement de voir le Roi se rendre à leur vœu, de voyager dans les provinces sans autre garde que celle des habitants des campagnes qu'il aurait à parcourir. C'était aussi celui de Madame Elisabeth, qui voyait par là un moyen d'éviter cette guerre civile qu'elle avait jugée nécessaire quelques semaines avant, et de soustraire le gouvernement à la tyrannie des clubs parisiens. Mais, trop défiant de lui-même, trop docile aux avis de ses ministres, Louis XVI craignit d'irriter ses ennemis, et ne profita pas de la seule occasion favorable qu'il eût * trouvée de quitter Paris en Roi et par le vœu de toute la France. Après la revue de l'Etoile, qui se passa au milieu des cris enthousiastes des députations de l'armée et des fédérés des provinces, la famille royale rentra à Saint-Cloud, et la vie de cour reprit ses droits sur
(1) Lettre de la sœur de lady Walpole, datée de Paris. Voyez « Extracts from the Journals and correspondance of Miss Berry» from the year 1783 to 1852. Edited by lady Theresa Lewis, vol. I, 206.