SITUATION DE SAINT-CYR EN
moyen de rendre au gouvernement son pouvoir, et à la France une liberté sage et ordonnée. Ainsi disposée, Madame Elisabeth n'aurait pu admettre, sans indignation, une entente avec ceux qu'elle regardait comme les auteurs de tout le mal. Lorsque, longtemps après la négociation, elle en apprit quelque nouvelle par la rumeur publique, elle refusa d'y ajouter foi, et persista tant qu'elle le put dans cette incrédulité volontaire.
Le séjour de Saint-Cloud rapprochait Madame Elisabeth de Saint-Cyr, où elle avait été accueillie avec tant de joie et d'émotion à sa première sortie de Paris. Il était à la fois pénible et doux à la princesse de chercher à communiquer à ses pieuses amies, l'esprit de courage et de résignation qui l'aidait à supporter ses propres épreuves avec calme et sérénité.
La nuit du A août 1789 avait privé le couvent de Saint-Louis d*> cent mille livres de rentes. Le décret du 2 novembre suivant mit les biens ecclésiastiques à la disposition de la nation. Enfin, celui du 13 février 1790, abolissant les vœux monastiques et supprimant les ordres religieux, fit craindre que l'existence même du monastère royal ne fût menacée. A cette nouvelle, Madame Elisabeth avait jeté un cri de douleur. « Pauvre » Saint-Cyr ! que deviendrez-vous ! (1) t Emu de son côté, Louis XVI s'efforça de préserver l'œuvre de son aïeul de l'envahissement de la Révolution. Ce ne fut qu'au prix d'une grave concession aux opinions nouvelles. Le 26 mars 1790, une ordonnance du Roi parut sous forme d'arrêt du Conseil. Cet arrêt révoquait les règlements exigeant des preuves de noblesse pour l'admission à Saint-Cyr. Désormais, l'entrée de la maison