VISITE A SA1NT-CYR, 15 AOUT
aumônes et des fréquentes visites des princesses et des grandes dames de la cour. Un mauvais prêtre, l'abbé Lameule, curé du village de Saint-Cyr (et ensuite rallié au clergé constitutionnel), entretenait l'irritation du peuple, devenue assez vive pour obliger Madame Elisabeth à dissimuler ses voyages. Les heures furtives qu'elle consacra dans ces circonstances aux Dames de Saint-Louis devinrent, pour ces dernières, de précieuses consolations. Elles souffraient moins après avoir écouté cette fille de Roi, si humble au milieu de ses épreuves, si constante dans sa foi. < Vous avez beaucoup pleuré, leur écrivait-elle à la » fin de juillet. Priez encore davantage. Je voudrais » bien faire mes dévotions avec vous le jour de l'As- * somption. Louis XIII, en mettant le royaume sous » la protection de la sainte Vierge, ne nous a-t-il pas y> montré à qui nous devions nous adresser dans nos » besoins. Allons à cette bonne Mère 1 Elle ne nous » abandonnera pas ! »
Le 15 août, en effet, un équipage sans armoiries traversait dès l'aube les campagnes qui séparent Saint- Cloud de Saint-Cyr, et s'arrêtait à une porte dérobée du monastère. Deux dames en négligé du matin descendaient et frappaient discrètement, tandis que la voiture s'éloignait. Bientôt Madame Elisabeth se retrouvait tranquille et résignée au pied de ces mêmes autels où, dans ses jours d'enfance, elle avait demandé au ciel de lui accorder l'humilité dans la grandeur, la modestie dans l'éclat du rang suprême ! Cette fois, la prière était changée : celle du pauvre, du persécuté remplaçait celle du riche et du puissant. Dieu versa des miséricordes infinies sur l'âme chrétienne, qui