LE JOURNAL. — AFFAIRE DE NANCY
» voyages, il pourrait user beaucoup de papier, carnous > sommes souvent par voies et par chemins. Il faut es- » pérer que nous serons un jour un peu plus fixes dans » quelque coin de cette pauvre France, car j'avoue » que je ne me soucie pas de l'être longtemps comme • l'hiver dernier. Cependant, je crois qu'il faut que v j'en prenne mon parti pour celui dans lequel nous » entrerons bientôt. Mais je tâcherai de monter sou- » vent à cheval. Cela me rendra le séjour moins triste. »
Même jour. — « Les troubles de Nancy recom- » mencent de plus belle. M. de Bouillé (1) y marche » avec 45,000 hommes. Je ne crois pas qu'il éprouve de » résistance, mais il est bien intéressant d'en avoir » des nouvelles. On prétend que la manière dont cela » se passera décidera de beaucoup de choses. Moi, » qui suis très mauvaise politique, je le répète comme » les autres, mais je ne le conçois pas trop, parce » qu'il me semble que la punition du régiment ne fera » pas d'effet sur l'opinion générale des Français. Au » reste, je puis et désire me tromper. Il y a une chose » que je ne puis comprendre : c'est comment M. de » Bouillé, qui a pensé être pendu, qui a presque été » forcé de quitter Metz, se trouve, au bout de trois » jours, dans la possibilité de commander une armée » de 45,000 hommes 1 . . . »
6 septembre. — « Grande nouvelle, qui ne fait pas
(i) Fr. Claude Amour, marquis de Bouillé, né au château de Cluzel, en Auvergne, justement célèbre par son dévouement à la cause royale. Il venait d'être nommé général de l'armée de Meuse, Sambre et Moselle, et maintenait vigoureusement la discipline militaire. M. de Bouillé est mort en 1800*