‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 83 sur 284 · LE JOURNAL. — DÉPART DE M. NECKEH · texte numérisé non relu

LE JOURNAL. — DÉPART DE M. NECKEH

» de bruit à Paris. . M. Necker est parti ! . . . On pré- » tend que l'Assemblée veut s'emparer du Trésor » public. Elle envahira une triste chose, car je le crois » bien vide.

Même jour. — « M. de Bouillé est rentré à Metz, » après avoir soumis Nancy. Il a été reçu avec de » grands applaudissements, et s'est parfaitement bien » conduit. Les pauvres carabiniers ont eu environ six » heures d'erreur. Cela a suffi pour leur faire faire » une vilaine action que leur repentir a suivi de bien » près : ils ont livré M. de Malseigne à la ville de » Nancy, comptant qu'il y serait'libre et sous la sau - » vegarde des régiments. Lorsqu'ils ont appris qu'il » avait été mis au cachot, leurs yeux se sont ouverts. » Ils voulaient sur le champ monter à cheval pour » exterminer Nancy. On les a arrêtés, mais ils ont » livré les plus coupables pieds et mains liés, et la » douleur la plus vraie les poussait. . . Paris est dans » une effervescence terrible, mais nullement danga- » reuse. »

A Saint-Cloud, en revanche, la tranquilité est complète, si complète qu'elle tourne à la mélancolie pour Madame Elisabeth, tenue fort à l'écart des négociations secrètes entamées par le Roi et la Reine avec Mirabeau. Souvent seule, elle fait alors venir, de sa bibliothèque de Montreuil, des livres pour occuper sérieusement les longues heures de loisir.

Septembre. — « J'ai lu enfin deux volumes de l'abbé » Duguet. . . Cela entraîne et persuade, tant c'est de » la bonne et belle morale écrite par un homme de » talent et convaincu. Et les lettres écrites par Mne de » Vertus T Théologie à part, à laquelle je ne com-

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