LE JOURNAL. — AFFAIRE DE PONTOISE
» prends rien, c'étaient de bien saintes gens que tous )> ces solitaires de Port-Royal! Quelle vie, à côté de la » nôtre ! Et nous osons nous plaindre ! . . . »
De Port-Royal, de la mère Angélique Arnaud et de Ml,e de Vertus, elle revient à une affaire de monastère aussi, mais d'un ordre tout différent, qui amène le trouble dans Paris, et fait redouter à la famille royale de nouvelles journées d'octobre. Le 7 septembre, le comte Charles de Lameth était chargé par l'Assemblée de faire, en sa qualité de membre du comité des Recherches, une perquisition nocturne, avec le député Pétion, dans le couvent des Dames Annonciadcs de Pontoise, pour y chercher l'ancien garde des sceaux Barentin, compromis par une dénonciation, et que l'on croyait caché dans le couvent. L'abbesse, Mlle de Barentin, sœur du dénoncé, était une personne d'esprit. Elle persifla M. de Lameth de la façon la plus piquante. Cette histoire amusa la cour et la ville. M. de Lameth fut d'abord le premier à. rire du rôle insolite que l'Assemblée lui avait fait jouer; mais n'ayant pu souffrir d'autres railleries venant du comte de Castries, il appela ce dernier en duel.
43 septembre. — « Nous avons eu, avant-hier, un fier » train. MM. de Castries et de Lameth s'étaient battus » la veille. Charles (M. de Lameth) a été blessé. On a » fait courir dans le peuple que i'épée de M. de Cas- » tries était empoisonnée. On faisait des motions pour » le pendre. Mais comme ces messieurs à grandes » culottes ne l'ont pas trouvé chez lui, on s'est con- » tenté de piller sa maison. La garde est arrivée trop » tard. La municipalité n'a pas permis que l'on fit • » usage de la loi martiale, et M. de Castries en est