LE JOURNAL. — RÉFORME DES ÉQUIPAGES DE CHASSE
» pour une perte très forte. L'Assemblée a fort ap-
» prouvé les brigands. Un M. Le Roi, qui n'était pas
» de cet avis, a été mis à l'Abbaye pour trois jours.
» Dès le soir, tout a été remis dans l'ordre. On raconte
» que M. d'Ambly, qui était témoin pour M. de Cas-
» tries, à la fin du combat, fit un grand signe de croix
» en disant : Enfin, nous voilà déguignonnés. »
20 septembre ... — « Le Roi a réformé son équipage
» de chasse. Que cela m'aurait fait de peine il y a
» deux ans ! . . L'Assemblée avait déclaré que l'on
» pouvait tuer au nez du Roi l'animal qu'il courait!
» Quand elle a vu qu'il prenait cela tout doucement,
» ainsi que la dévastation du parc de Versailles, elle
» a voulu réparer. En conséquence, ils ont apporté
» avant-hier un décret pour arrêter les brigandages,
» et, en même temps, ont prié le Roi de ne pas réfor-
» mer l'équipage ; ce à quoi Sa Majesté a répondu
» qu'EUe voyait avec plaisir que l 'Assemblée s'occupait
» enfin de rétablir l'ordre ; que, pour son équipage,
. » c'était un arrangement particulier; que, depuis
» longtemps, elle ne chassait plus, et n'en avait point
» envie ; que, lorsque son cœur serait content, Elle
» reprendrait cet exercice. Ils ont été tout penauds de
» n'avoir que cette réponse à rapporter à l'Assemblée
» et les Noirs (1) sont fort contents.
4 octobre. . . — « Nous ne sommes pas encore re-
» tournés dans la triste capitale. J'espère que nous
» resterons encore quelque temps ici, en faisant des
» courses à Paris. Peut-être y passerons-nous qua-
» rante-huit heures à la fin de la semaine. On fait ce
(1) Club royaliste dont les membres portaient un collet noir.