‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 87 sur 284 · M. DE LA TOUR-DC-WN · texte numérisé non relu

M. DE LA TOUR-DC-WN

Tour-du-Pin pria Madame Elisabeth de se faire l'in-

terprète de cette opinion. Ce projet s'accordait avec ceux des coalisés intérieurs. La situation de Louis XVI se dessinait de façon à ne plus lui laisser d'illusions sur le sort que lui réservaient les révolutionnaires. C'était le moment où le discours de Danton contre les ministres révélait les intentions criminelles de ce futur organisateur des massacres de septembre. Le Roi, dont les relations avec Mirabeau étaient inconnues à sa sœur et à La Tour-du-Pin, commençait de son côté à s'effrayer de la violence du langage du tribun, qui, d'ailleurs, perdait sensiblement son influence sur l'Assemblée. Il écouta Madame Elisabeth et lui donna l'espoir de le voir suivre les conseils suggérés par M. de La Tour-du-Pin. « J'ai des raisons, écrit-elle » alors, d'espérer que la santé du malade est meilleure. » Ses jambes reprennent de la vigueur. Dans peu, il » pourra peut-être marcher ! (1) »

On devine que « le malade » n'est autre que le pauvre Louis XVI, et l'on prévoit trop que le langage de Madame Elisabeth changera bientôt. « Je ne me résoudrai » à croire le malade guéri que lorsque je le verrai » marcher. Prions Dieu qu'il lui fasse cette grâce (2). » C'est que les objections de Louis XVI aux propositions de sa sœur redevenaient celles des temps précédents, du mois de juillet 1789, du 5 octobre, de la dernière fédération. Louis XVI redoute « la guerre civile. Une » peut se résoudre à la risquer. Il espère que la nation » s'arrêtera devant les malheurs qui suivront les dé-

(1) Lettre de M»« de Bombelles. Coll. F. de Conches, p. 186.

(2) Coll. F. de Conciles, p. 186 et suivantes.

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