‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 98 sur 284 · LES PRÊTRES ASSERMENTÉS · texte numérisé non relu

LES PRÊTRES ASSERMENTÉS

» prêté le serment !... Un membre de la Commune a » voulu gagner le curé de Sainte-Marguerite (i), en lui » disant que l'estime qu'on avait pour lui, la prépon- » dérance qu'il avait dans le monde, seraient capables » de ramener la paix en entraînant les esprits. Le » curé lui a répondu : « Monsieur, c'est par toutes les » raisons que vous venez de me donner que je ne » prêterai pas le serment, et que je n'agirai pas contre » ma conscience... » a Une chose que ceci fait décou- » vrir, et qui fait horreur, c'est combien les prêtres de » campagne sont peu instruits. »

La persécution devait ramener au sentiment et à la connaissance de leurs devoirs un grand nombre des prêtres égarés. Ce premier moment mit en effet trop au jour, comme le dit la princesse, l'ignorante insouciance dans laquelle vivait depuis longtemps le clergé des villages. On comptait, d'autre part, dans l'Assemblée, plusieurs prélats assermentés de très haut parage. Parmi eux se trouvait Maurice de Talleyrand, évêque d'Autun. Hors de l'Assemblée, M. de Jarente, évêque d'Orl M. de Savines, évêque de Viviers, M. de Loménie de Brienne avaient également juré d'obéir à la Constitution. Mais plusieurs de ces évêques se rétractèrent au bout de quelques jours, et, à la suite de la séance du 4 janvier 1791 , tous les dignitaires de l'épiscopat français contraires au décret sanctionné par Louis XVI furent déchus en masse de leurs sièges. Un trouble extrême, qui hâta sensiblement les progrès de l'envahissement de la faction jacobine, suivit cette

(!) Charles-Bernardin Laugier de Beaurecueil. (Almanacb royal, offlcialité de Paris).

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