SCÈNE PREMIÈRE
MONTGISCAR, Invités, Invitées an fond ; puis CHAMBRELAN, luis MOULINOT.
Au lever du rideau, masiquo à l'orchestre =^ Oa danse dans les salons du fond.
MONTGISCAR, seul, venant d'un des salons du fond. Allons, mon bal est très-réussi... (S'essnyant le front.) On s'étouffe déjà... et il n'est que dix heures! (Apercevant Cbambrelan qui entre par la gauche.) Ah! voilà Chambrelan 1 CHAMBRELÂN *.
Bonjour, cher ami.. .
MONTGISCAR.
Comment ! vous ôles seul? Eh bien! et nos jeunes mariés de huit jours?
CHAMBRELAN
Vous les verrez tout à l'heure... jo viens en éclaireur. * Chambrelan, Montgiscar.
MADAME EST TIlUP BELLE
Il faut VOUS dire, qu'à la maison nous sommes bien embarrassés... Ma fille a deux coiffures.. . une avec des fleurs» l'autre avec des fruits... laquelle mettre ?
.MO>'TGISCAR.
Diable ! c'est grave.
chambrela:n'.
Je crois bien que c'est grave... c'est son début dans le monde, aussi je suis d'une émotion !... Alors j'ai pris un grand parti... je me suis je!é dans un fiacre et je suis venu pour inspecter les coiiTares... Si c'est le fruit qui do mine, nous mettrons les fleurs; si ce sont les fleurs, nous liiCttrons le fruit.
MONTGÎSCAR.
Naturellement! (a part.) C'est une modiste que ce pèrelà ! (Haut.) Et le ménage, comment, va- t-il ?
CHAMBRELAN
Ah ! mon ami.., depuis huit jours qu'il est marié, votre neveu ne cesse pas de regarder sa femme !... Je dois dire pour l'excuser, que ma fille a encore embelli... si c'est possible... Hier, nous avons eu un succès!.,, nous étions à rOpéra... toutes les lorgnettes nous dévoraient, elles nqus mangeaient... et nous n'avions pourtant qu'une }>auvre petite coifl'ure de lilas blanc ! Je vais passer mon inspeclion et je me sauve, (il sort par le fond à gauche.) MOL'LIXOT, entrant timidement par la gauche. Tenue de bal râpée, saluant"^.
Monsieur Montgiscar...
MONTGISCAR.
Ah I c'est mon teneur de livres... J'y suis très attaché... Bonjour, Moulinet.
MOULINOT
Je voulais remercier monsieur, de Thonneur qu'il m'a fait en m'invilant...
* Moulinol, Mûntgiscar,
MONTGISCAR.
Il n'y a pas de quoi, mon ami; entrez clans le bal, promenez-vous, prenez des rafraîchissements; comme tout le monde, vous m'entendez, absolument comme tout le monde...
MOULIXOT, prenant une glace sur un plateau que promène un domestique et saluant humblement.
Vous êtes trop bon... mille fois trop bon. (il entre dans le bal au fond à gauche en faisant des courbettes.) MONTGISCAR, seul.
C'est un employé laborieux, exact, honnête... et I ,BOU ù. d'appointements.
CHAM BRELAN*, revenant du fond à gaucha. Décidément, nous mettrons des fleurs.
MONTGLSCAR.
Dites donc, je vous présenterai mon fils... il est arrivé de Vienne, ce soir à '6 heures... il s'habille.
CHAMBRELAN
Je ferai sa connaissance avec plaisir... on le dit très beau cavalier.'
MONTGISCAR.
Il est superbe... élégant.. ..distingué... il esten homme, ce que votre fille est en femme... peut être mieux.
CHAMBRELAN, incrédule.
Oh ! ça! (à part.) Mon Dieu, qu'il y a des pères ridicules!
MONTGISCAR.
Entre nous, ce bal cache...
CIIAMBRr.LAN, vivement.
Vous me conterez ça tantôt, on m'attend, (il sort en courant par la gauche.)
MONTGISCAR, seul.
Ernest est bien long à sa toilette... Ah ! le voilà! * Chambrtlaii, Mouts^iscar.