SCÈNE V DE CLERCY, puis un Domestique, puis OCTAVE
DE CLERCV, seul.
Je suis sûr qu'ils vont acheter mystérieusement un baba... le beau-père les adore, moi, ça m'étouffe... alors nous en mangeons souvent. Mais comprend-on P>nest qui se met à aimer ma femme?... D'abord, entre cousins, ça
* Jeanne, de Clercy, Cliambrelan.
MADAME EST TROP BELLE Sij
ne se fait pas... Eh! eh I les cousins! Iieureusoment je suis prévenu... je \o verrai... et nous traiterons la question à fond...
UN DOMESTIQUE, entrant.
M. Octave Blandar demande si madame est visible
DE CLERCY, à part.
Encore un ! le sculpteur de mon beau-père ! (Haat.) dites que madame est chez elle et faites entrer, (f.o domestique sort.) Dame ! quand on a t^pousé une jolie femme, il faut s'attendre à recevoir des visites. OCTAVE, entrant*.
Excusez mon indiscrétion, madame... (Apercevant de Clercy.) Tiens, c'est vous!
Madame de Clercy est sortie... mais je la représente, je suis son mari.
OCTAVE
Son mari... Hier vous m'avez dit que vous étiez garçon.
DE CLERCY.
Hier, je voulais faire une expérience... Je désirais savoir si toutes les gracieusetés dont vous avez eu la bonté de me combler, s'adressaient bien à moi... J'ai acquis la preuve du contraire... recevez tous mes remercîments.
OCTAVE
Mais vous vous êtes mépris, Monsieur... je me serai mal expliqué...
DE CLERCY.
Oh ! non, très-clairement... vous avez eu l'obligeance de nous envoyer ce matin une loge pour les Italiens.
OCTAVE
En effet... je serais très-heureux,., si vous pouviez... * De Clercy, Octave.
DE CLERCY.
Oui, mais nous ne pourrons pas.'., nous avons tous les trois la migraine.
OCTAVE
Aljl tous les...
DS CLERCY.
Oui... dans les ménages bien unis, c'est comme cela... on n'a pas la migraine les uns sans les autres... Veuillez donc reprendre votre coupon... que vous pourrez placer sans doute plus fructueusement. (ll le 5ui rend, le saluant.) Monsieur, j'ai bien Tlionneur. .
OCTAVE
■ Pardon... j'avais aussi pris rendez-vous pour une séance avec monsieur... monsieur... un gros monsieur.
DE CLERCY.
(jalba!... c'est mon beau-père, le gros monsieur.
OCTAVE
Il m'a accordé l'autorisation de faire son buste.
DE CLERCY.
Ahî ah! une œuvre d'cirt!... voyons, franchement, vous le trouvez donc joli^ mon beau-père?
OCTAVE
Il a des côtés plastiques.
DE CLERCY.
Vraiment ! . . . Lesquels ?
OCTAvr:, embarrassé.
Mais, dame... le front... le nez...
DE CLERCY.
Et les oreilles? avez-vous remarqué les oreilles?
OCTAVE, à part.
Il se moque de moi. (On entend le roulement d'une voiture.)
Une voiture!... c'est sa femme qui rentre... gagnons du
temps. (Haut.) Vous le savez, monsieur, les artistes ont des
fantaisies, ce n'est pas toujours le beau idéal qui les
touche; ainsi voyez, au moyen âge... les gargouilles du moyen âge...