‹ Madame Eugenio. Histoire du Lieutenant Valentin. Le marronier. Les bras de la Vénus de Milo. Les deux amis. La sonnette de M. BerloquinChapitre 6 sur 26 · ROBLOT · texte numérisé non relu

ROBLOT

La goutte continua à retenir Roblot au lit ; mais le malade avait conservé de la patience jusqu'au terme fixé pour la démolition du toit de la masure.

Ce jour-là le perruquier du village fut appelé de bonne heure auprès de Roblot, qui voulait se rajeunir pour ta solennité.

ujne meilleure que de coutume, iiière de compliment.

— Vous avez dit le barbier en mani

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&E HiRRONNIER. 05

Ce qui était vrai. Roblol ne sentait plus ses souffrances. Ses habitudes de la matinée furent bouleversées ; chaque jour son premier soin était de déchirer la bande de son journal eL de courir à la seule partie intéressante pour lui : le cours des actions de la caisse Torlot. La caisse loriot fut oubliée, également les actions et leur cours: L'argent semblait une chimère à l'ancien banquier. 11 ne pensait qu'à son point de vuet

Aussi jamais Roblot n'entendit de musique plus agréable que celle des tuiles tombant du toit de la bicoque sur le pavé de la place. Les charpentiers, qui frappaient à tout rompre contre les poutres, contribuaient à tenir en alerte lé malade par le son de leurs marteaux.

A tout insLint, Roblot sonnait son domestique :

— Est-ce terminé?

Mais les ouvriers de campagne font plus de bruit que de besogne. Us étaient une douzaine tellement acharnés en apparence après le toit, qu'une heure eût suffi à mettre la maison tout entièœ en bas de fond en comble. Chaque coup de marteau leur amenait mille questions des paysans attroupés qui, n'étant pas dans le secret de Roblot, se demandaient à quel emploi te bourgeois d'en face réservait cette masure.

— Quand tout sera fini, avait dit Roblot à son valet de chambre, tu m'aideras à sortir du lit.

Et il faisait disposer son fauteuil devant la fenêtre, se promettant bien d'autres délices qu'aux jours où il allait à une première représentation. Mais le lever du rideau lui semblait long et il pestait contre les ma-

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«t LE NARBONSIEK.

chinistes de MarcouBsy qui lui faisaient attendre la me d'uD si beau décor.

Enfin, le valel de chambre entre :

— Monsieur, si vous voulei passer votre robe de chambre, les charpentiers enlèvent te dernier pan de bois.

Hais au même moment parait la fenune de Roblot, qui se précipite sur lui en s'éciiant :

— Ah ! quel événement !

; — Flait-il? faitltohlot étonaé, cherchant à se dégager des étreintes de sa femme. Laisse-moi regarder.

— Ne sors pas de ton lit, s'éciie la femme.

— Un malheur! dit Roblot.

— Oui, uD malheur.

— Un ouvrier sera tombé du toit?

— Non, reprend la bourgeoise. .

— Qu'est-ce, enfin?

— Pas d'imprudence, disait madame Roblot à son mari, prends garde de redoubler (a goutte.

Par un etTort, Roblot échappe aux bras de sa femme, court à la fenêtre, ouvre de grands yeux. Le tQÎt de la bicoque était à bas; mais derrière n'apparaissaient que les nuages et un coin peu développé de la montagne de la Ferté.

— Cinq mille francs dépensés inutilement ! s'écrie ta femme de Roblot.

Le bourgeois s'était trompé. La cathédrale n'était pas dans la direction du toit ; Roblot avait jeté six mille francs par la fenêtre pour, se donner la jouissance d'un coup d'oeil qui n'existait pas 1

LE HARRONNIER.

Ce fut un coup violent pour le malade, qui, dans son irritation, ne rentra pas dans son lit, le sang ayant été fouetté vivement par cette aventure fà-

— Que vas-tu faire de cette maison sans toit ? demanda sa femme.

— Je la rebâtirai, disait Roblol.

Les charpentiers étant encore sur la place occupés à enlever les démolitions, le patron fut mandé à l'instant et reçut l'ordre de se mettre à l'auvre aussîtât pour rééditer le maudit toit dans le plus bref délai.

Pendant que les paysans se gaussaient sur la place, se demandant si le nouveau propriétaire installé à Marcoussy s'imaginait que dans le grenier de la bicoque était caché un trésor, Roblot grimpait la montagne derrière la maison, et là, avec une lunette d'approche, il constatait que le réel obstacle qui lui enlevait la vue de la cathédrale de la Ferté était le marronnier de la place.

Sa déccptmn fit place à un calme relatif.

— J'aurai facilnnent raison du marronnier, dit-il à sa femme.

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LE HAItnONNIER.

ROBLOT A TUItLOT.

« Mon cher Torlot, j'emploie pour entretenir mon \ jardin un jeune jardinier qui, le soir, fait une cour 1 trop assidue aux filles du village. Comme je ne : veux pas que le mauvais exemple parte de chez moi, je désire marier ce garçon. Dans cette occurrence, la petite masure que j'ai achetée sur la place me sera fort utile ; c'est là que j'installerai le nouveau ménage. Je vais faire restaurer la bicoque, qui avait un I toit assez élevé pour enserrer toutes les récoltes du i village. C'est une affaire de trois à quatre mille francs au plus. Veux-tu charger un de tes commis de déposer au Crédit foncier une somme de cinq mille francs, en faisant aviser comme d'habitude mon noiaire. t « Cordialement à toi,

« Ton ami Roblot, débarrassé de la goutte pour le quart d'heure. »

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