‹ Madame Frontin, ou, Les deux duègnesChapitre 8 sur 10 · i y voit l'ombre dps bois sombres · texte numérisé non relu

i y voit l'ombre dps bois sombres

L'ombre du remords importun; Mais par malheur , parmi toutes f es ombres, On ne voit pas Tombre du vens-coriimun.

Mad. FRONTiN à part.

De la malice....

URSULE , s'assej'ani à côté du chalet en arrangeant son rouet.

Enfin , c'est égal j cela fait peur aux jeun -s fiilcs.... et ça les amuse....

Elle se met à filer.

MaH. FRONTIN ejjrayite.

Va-l-el!e s'établir la ?

URSULE , réfléchissant et auittahl son fil.

Monsieur Duclos avait bien raison en me laissant des instructions.

Mad. FRONTIN à part.

Des in^trnctinns....

URSULE, tirant ses lahlt-Ues de sa poche.

Voyons donc un peu, si tllts ne renftrmcraient pas d'autres mesures à prendre.

I\Iad. FRONTIN à part.

Écoutons.

URfULE.

V us m 'lirez à nié ent lyxfi M""". Fion'in est partie!

?i"inîpjile, c'isl pour i'avt'i.ii'.

EUe ht.

« Se soiivfnir aussi rpie 'a porte dîi pavilimi <pii donne snr It » [)([;t jiudiu [>ui<ger , «si Mi (jiauA'ais état....

M.id. KKONTiN à part.

Bien.

URSULE ItScinl.

» Ou- ce p( lit jardin donnant an boid du pire , il serait facile » de luir de ic (.ùté là.

Blad. FRONTIN h part.

A lucrvtiîlc....

URSULE lisant.

» Enfin, que la clef du parc est daus ua vase sur la chemine» » de ma cbaiiibie à coucher.... »

Mad. FRONTiN à part.

De mieux en mieux.

URSULE, serrant les tablettes dans sa poche et reprenant son rouet.

Ah I ah ! ah !.... Madame Froriiin sprait-elle desespe'rc'e si elle savait combien il lui cû' éié facile de re'usiir.... Mad. FRONTIN à part.

Cet vrai....

URSULE filant.

Mais ces gt^ns qui se piquent de tout savoir , ne pensent

pas souvent aux choses les plus simples Pauvre madame

Frontiu !

Air : ^h Ij'e le tiens ! ( D'Ambroise.)

Avec un peu plus d'assurance Vous auriez réussi , je pense.

Mad. FRONTIN , dans le chalet.

Il suffît, je réussirai,

De vos avis , je vous sais gré j

Ma boune , j'en profiterai.

URSULE filant.

Agissant de cette manière,

On aurait bien pu , j'en conviens ,

Délivrer notre prisonnière.

Montrant le pavillon.

iMais je la tiens , ^

On n'aura j>as nja pris.»nnièrc , Car je la tiens , Oui , ie la liens.

Mad.FRONTiw, iortanf^H chalet derrière Ursule. Ah ! je la tiens !

Ail ! ]e la tiens !

Elle n'est plus la prisonnière, Car je la tiens , Oui , je la liens.

Madams Frontin passe derrière Ursule et gagne la parti* intérieure du pavillon.

SCEINE VIII.

URSULE seule.

Le jour commence à laisser ; on entend sonner sept heures; elle se lève précipitamment.

Sept heures ! Monsieur va ronticr Quel beau moment

pour moi! Ali ! quand je lui dinii tous les dangers que j'ai courus, que de roru|.liineiUs , que de cadeaux je vais recevoir j je monterai en grade , c'est sûr.

Air : Un homme pour faire un tableau.

Seule femme dans ce séjour ,

De mes droits nie monlrant jalouse.

Au lit d'hymen le premier jour

Je coii<lu.rai la jeune épouse.

Li vieil époux eti cheveux blancs ,

Bientôi nie ■loairrer.i, j'es))ère,

Gouvernai. le de '■e:s enfants ,

Alor.s je n'aurai rien à faire,

( On entend le fouet d un postillon et le bruit (Tune voilure.)

Le voila ! le voil^ !.... ( Elle court à la grande porte du parc

et l'ouvre.') Elil mus on Il'^rrivp pas, on part.... Serait ce!....

Quel sonpvon !.... {Elle l'a nu pavillon et le ferme en sortant.)

Ciel!.... Jilmiiie n'y «st plus! Je suis perdue! aeshonorée!

Au secours !.... au secours !....

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