‹ Madame GuyonChapitre 116 sur 156 · CHAPITRE XIII. — FÉ,NE.L01N ET BOSSUET. 32p · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. — FÉ,NE.L01N ET BOSSUET. 32p

M. Tronson, après en avoir conféré avec Tarchevéque, écrivit a M'"*" Guyon pour calmer ses inquiétudes et l'assurer que i on n avait que des pensées de modération et de paix (1).

Quant a M. de La Chétardie, il se conduisit de manière il mériter l'approbation de Bossuet, dont il aimait a répéter les paroles : « Voilk un homme, celui-lk ; on ne la pouvait mettre en de meilleures mains (2). »

La grande préoccupation de Fénelon a cette époque, c'était la publication de cet ouvrage, que les circonstances avaient rendu nécessaire et qu'il avait promis, en témoignage de sa foi. Tenant à rester irréprochable, il s'était, dans le mémoire soumis k M'"'' de Maintenon, engagé a deux choses : k ne pas écrire un mot qui pût blesser Bossuet, et k ne rien publier qui n'eût reçu, au préalable, l'approbation de M. Tronson et de l'archevêque de Paris.

Il remit donc son manuscrit a l'archevêque. C'était un ouvrage étendu, où l'auteur avait mis, après chaque article, les principaux témoignages de la tradition. L'arche-

(1) Lettre de M. Tronson à M"»' Guyon, 27 novembre 1696.

(2) Lettre inédite de M""* Guyon au duc de Chevreuse, avril 1697. On lui fit regretter Vincennes. Là, du moins, elle avait des geôliers ; ici, des geôlières : c'est bien pis. Et Ton ne se contenta pas de choisir, pour la surveiller, comme on l'avait fait dans la rue Saint-Antoine, la religieuse la plus revèche et la plus acariâtre du couvent; mais on fi venir une créature qui « crie comme une harangère, qui jure comme un charretier, » et qui vous parle le poing sur la hanche, quand elle ne vous le met pas sous le nez. A Vincennes, on vivait aux frais du roi ; ici, c on me fait payer les fers dont je suis chargée, v Et on les lui faisait payer cher: 150 livres, par exemple, un demi-muid d'un mauvais vin qu'elle ne put boire, et dont on lui offrit 20 livres quand elle parla de le céder. (Lettres inédiles au duc de Chevreuse.)

:îi*2 MADAME GUYON.

vOquc le trouva trop long; l'éuelon, par (ié.'érciicc pour lui, Tabrégca, le rapporta, le lut avec M. de Noailles et le lui laissa pour qu'il pût Texaminer a loisir, avec un théologien de son choix, et supprimer, corriger, ajouter tout ce qu'il croirait nécessaire. L'archevêque garda environ trois semaines le manuscrit de Fénelon, et le loi rendit, en lui montrant les coups de crayon qu il avait donnés dans les endroits qui lui parurent devoir être retouchés pour une plus grande précaution. Fénelon retoucha en sa présence tout ce qu'il avait marqué, et il le fit précisément comme l'avait désiré ce prélat. L'archevêque, touché de tant de confiance, ne put s'empêcher de dire, quelques jours après, au duc de Chevreuse, qu'il ne trouvait à M. de Cambrai qu'un défaut : celui d'être trop docile. Finalement, le projet lui sembla hardi ; mais il en approuva l'exécution, et trouva le livre correct et utile.

Tels sont les faits que Fénelon publia à la face de la France et de l'Europe (1) ; M. de Noailles ne les a jamais contredits. Seulement il avait désiré que Fénelon montrât son ouvrage a quelque théologien de Técole, qui fût plus rigoureux que lui. Fénelon lui proposa aussitôt le docteur Pirot, savant théologien, examinateur habituel des livres et des thèses, peu favorable a M"** Guyon, dévoué depuis longtemps à Bossuet, et qui alors même étitoccupé a examiner l'ouvrage de ce prélat.

L'archevêque de Cambrai se renferma avec Pirot, et ils examinèrent ensemble le livre si court des Maximes

(1) Réponse à la Relation du quiétisme, chap. vi, De Vimqresêion

de mon livre.

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