‹ Madame GuyonChapitre 117 sur 156 · CHAPITRE XIII.- FÉNELON ET BOSSUET · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII.- FÉNELON ET BOSSUET

des saints^ en trois séances de quatre ou cinq heures cliacune. M. Pirot avait un manuscrit devant les yeux, et Fénelon en tenait un autre semblable ; ils lisaient ensemble; M. Pirot arrêtait Fénelon sur les moindres difficultés, et Fénelon changeait sans peine tout ce qu'il voulait. M. Pirot fmit par déclarer que ce livre était tout d'or^ et Tarchevêque de Paris écrivit quelques jours après k Fénelon et k M. Tronson que M. Pirot était « charmé de cet eiamen. » < Nous avons entre les mains, dit le cardinal de Bausset, un manuscrit de M. Pirot lui«*méme, qui constate la vérité de tous ces fails (1). »

Féitelon avait également coiQmuniqué son ouvrage k M. Tronson qui lavait, k sa demande, examiné avec une attention particulière, avait fait des observations judicieuses, et persistait k croire, avec M. de Noailles, que c'était un livre « correct et utile. »

Fénelon ne consulta pas Bossuet. Le pouvait-il, au moment où il se voyait lui-même obligé de refuser son approbation au livre de ce prélat? L'approbation des hommes les plus compétents et les moins prévenus ne pouvait-elle pas suffire? Ah! qu'importe, s'écrie Fénelon, que je fisse les choses sans lui, pourvu que je ne les fisse pas mal. »

C'est vers le 15^ décembre que Fénelon retourna k Cambrai. Le duc de Chevreuse se chargea de surveiller l'impression de son ouvrage. Craignant que Bossuet, s'il était prévenu, ne réussit k en empêcher la publication, il accéléra tant qu'il put le travail, et se transporta même

(1) Histoire de Fénelon, liv. m, chap. iv.

a rîinprimcrie, aiin de corriger aussitôt les épreuves (i). L'impression fut terminée le 27 janvier 1697, et TomTage parut sous ce titre : Explication des maximes des saints sur la vie intérieure. Six semaines après fut publié le livre de Bossuet : Instruction sur les états d'oraison^ où sont exposées les erreurs des faux mystiques de nos jours,

Bossuet avait Tintention de donner au public un ouvrage considérable, embrassant toute la matière des états intérieurs, et divisé en cinq traités. Il se proposait d'étudier, dans le premier, les principes des faux mystiques ; dans le second, ceux de Toraison commune; dans le troisième. les oraisons extraordinaires ; dans le quatrième, les épreuves de la vie intérieure ; enfln, dans le cinquième, le sentiment des saints doctems, pour montrer Tabus que les faux mystiques en ont fait.

V Instruction n'est que la première partie de ce grand ouvrage. Elle comprend dix livres, et on peut la diviser en deux parties. Dans la première, Bossuet expose et discute les principes du quiétisme; dans la seconde, il cherche les causes de Terreur et les combat.

Les principes du quiétisme peuvent se ramener a quatre principaux : Tacte continu, la suppression des actes de foi, la suppression des demandes, et la suppression des actes réfléchis.

I. Acte continu. — 11 s'agit de cet acte perpétuel de contemplation, recommandé par Falconi et enseigné par Molinos , qui n'est interrompu ni par les distractions, ni

(I; Mt'in. 'le Sdinl'Shnon.

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