CHAPITRE XVIII. - DERNIÈRES ANNÉES
Le samedi 24 mars 1705, toutes les formalités étant remplies, M"""* Guyon sortit de la Bastille, dans une litière, à quatre heures de l'après-midi (1). Il y avait, depuis son séjour à Meaux, plus de huit ans qu'elle était captive. Elle alla demeurer chez son fils, dans sa terre de Diziers, h quelques lieues de Blois (2). L'évéque de Blois fut chargé de la surveiller. Dès le 21 mars, Pontchartrain l'informe de la décision qui vient d'être prise k l'égard de M"^ Guyon. « S. M., lui dit-il, m'a ordonné de vous en donner avis, afin que vous preniez la peine de faire examiner avec soin et attention la conduite qu'elle tiendra et si elle exécutera ponctuellement les conditions qui lui sont prescrites. Vous m'en informerez au moins une fois tous les mois, pour en rendre compte k S. M. (3). »
11 semble que l'on craigne, a la cour, que l'évcquc de Blois n'ait pas les yeux suffisamment ouverts, et qu'il ne laisse 'a M'""" Guyon trop de facilité pour voir ses amis, leur raconter ses malheurs et leur révéler les mystères
(1) Voici le procès-verbal de sortie, avec ForUiographe, déjà connue, de M. du Junca : a Du samedy 24™« du mois de mars, suivent l'hordre du roy, que monsieur d'Ârgenson aporta hier, pour mètre madame Guion dans une entière liberté, estant partie se jourduy à quatte hures de lapres midy en litière, pour aler pour six mois ches monsieur Guion, son fils, dans ces terres, près de Blois, pour prendre 1er et se remettre, Diordrc du roy estant que monsieur Guion, son fils, san chargera, etc. Madame Guion et M' son fils aunt signé sette soumission et sont partis. (Estât des personnes qui sortent de la Bastille, à catnmetiser du huitiesme du mois d'octobre que je suis ntré en possession, en Vantxée 1690.) » (Manusc. de la bibl. de l'Arsenal, infol., 5133.)
(2) La seigneurie de Diziers était sur la paroisse de Saint-Martin de Suèvre. CTétait une chàtellenie dépendant du comté de Baugency, et ayant haute, moyenne et basse justice. (Arch. du Loiret, A, 140.)
(3) Ràvaisson, Arch, de la Bastille, t. IX, p. 96.
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4'WP priWP d'État. « M"** dfi yguç, Ipi jSprit poptcb^rtr^in, à 1^ datis du 8 aq^t d^ la piéfpe gnq^^t e3t allé^ îi Diziefg ppur yojr sa inère, et qwyqffe le r»y ï{^\\ pa^ deQendu ^ M*?^ Qiiyop d'y vpif j^e» enfaat$, m^$ seulement )es personne^ é^ngcrea, S. II. ii^ prdopae néantmoios de vpus ^y^rtir 4e ce voyage^ «fin que V0U3 ayez eucorq plu$ d>tt^ntioa gifr ee qiii s^ passer^ daus ce |ie^-|k (1). »
9 Jfp np fi|$ p^s plus tdt sprtie dç prison, dit Jl"** Guypp, pt resprjt pe comiftença pas p)us tôt à resr WfiTj après |ant de Iraver^es, que le corps sp trpnv;i apcsd^lé par toutes ^prtes d'iufirmités, e( j'ai eu de$ ma- Is^dies presque coutinuelles, qui me me^taiept souvent k la mort. » Que se passait-il eependant dans son âipe ? Il y sfvait v\n graud pa|mp, uue pai:^ profonde. « Mon é\di\ éts)it devenu sipiple pt invariable. Le fond de cet état est un apéantjssefn^nt profond. Tout ce que je sais, c'pst que Pieu esf iqflninfent saint, juste, bon, heureux, qu'il renferme en soi tous les biens et moi toutes les misères. Je ne sais rien qui soit au-dessous de moi^ ni rien de plus indigne qup fnqi. Je reconnais que Dieu m'avait fait des grâces capables de sauver un monde, el que peut-être j'ai tout payé d'ingratitude. » Bile dit peut-être^ car qu'en sait-elle? Elle ne peut ni vouloir, ni penser : elle est perdue dans l'immensité de Dieu, comme une goutte d'eau dans la mer : € 11 n'y a là ni clameur, ni douleur, ni peine, ni plaisir, mais une paix ps^rfaite, non en soi, mai^ en Pieu. ^
(i) Corre^p, cLdminm