‹ Madame Guyon, sa vie, sa doctrine et son influence; d'après le écrits originaux et des documents inéditsChapitre 33 sur 152 · CHAPITRE IV. — LA VOCATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LA VOCATION

devoir rattacher chaque jour davantage a sa famille, a sa maison, au lieu de sa naissance. Sa belle-mère s'était mise à Taimer, les pauvres la bénissaient (1), ceux qui l'avaient décriée la célébraient, a présent, comme une sainte ; toute la ville était dans l'admiration de sa charité et de ses vertus (2). Elle même se sentait prise d'une plus grande tendresse pour ses pauvres enfants qu'elle allait quitter. Un honnête ecclésiastique, qu'elle avait chez elle pour l'éducation de ses fds, lui représen tait toutes ces choses : d'un côté, des devoirs si nets, des bienfaits si sûrs ; de l'autre, une vocation qui l'était si peu, une vie d'aventures, et des desseins pleins de chimères. Ce fut en vain. Aveuglée, comme ses pareilles, elle ne vit qu'une tentation du diable, dans un langage si sage et si chrétien ; et faisant dans sa pensée un étonnant mélange des préceptes positifs et de ses théories mystiques : « Les lois de mon mariage sacré, ditelle, ne sont-elles pas de tout quitter pour suivre mon époux? »

Puis, ouvrant la Bible, elle tomba sur ces paroles d'Isaïe : « C'est moi qui vous conduirai ; ne craignez point, car vous êtes à moi (3). » Tout fut consommé.

C'est dans les premiers jours de juillet 1071 que

(i) Elle faisait subsister par ses charités la plupart des pauvres du pays. (L'abbé Phelippeaux, Relation de Vorhjine, du progrès et de la condanmation du quiétisme, \^^ partie, p. 6.) Pendant le long et rigoureux hiver de 1(580, elle faisait distribuer jusqu'à onze à douze cents pains par semaine, et les aumônes secrètes étaient plus considérables encore.

(2) Li réputation que M™« Guyon laissa derrière elle à Montargis fut ce qui lui ramena Fénelon, d'abord prévenu contre elle. (Bausset, Histoire de Fénelon^ liv. II, chap. xii.)

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