‹ Madame Guyon, sa vie, sa doctrine et son influence; d'après le écrits originaux et des documents inéditsChapitre 99 sur 152 · GHAP. IX. — LA COUR ET SAINT-CYR · texte numérisé non relu

GHAP. IX. — LA COUR ET SAINT-CYR

qui parle de grossesse, d'enfantement, etc.? Une petite demoiselle s'arrêta avec moi, quand je voulus lui faire dire combien il y a de sacrements. Ne voulant point nommer le mariage, elle se mit a rire, et me dit qu'on ne le nommait point dans le couvent d'où elle sortait. Quoi ! un sacrement institué par Jésus-Christ, et qu'il faut apprendre 'a vos fdles, ne pourra être nommé! 11 y a bien plus d'immodestie a toutes ces façons-là, qu'il n'y en a à parler de ce qui est innocent. »

Ces sages et larges idées, si neuves alors, si neuves aujourd'hui encore, devaient régner 'a Saint-Cyr jusqu'à la Révolution française. Mais ce n'est pas du premier coup que le but fut atteint. L'esprit mondain se fit d'abord une trop large place à Saint-Cyr. Une des choses que M™e tle Maiutenon cherchait par dessus tout à éviter, en matière d'éducation, c'est l'ennui, tant chez les élèves que chez les maîtresses. Elle y réussit trop : on sait l'empressement, l'admiration, l'enthousiasme qu'il y eut aux représentations à^Esther. On ne tarda pas à s'apercevoir que les demoiselles étaient devenues vaniteuses, fières, jalouses, insupportables. Elles faisaient leur prière dans les coulisses, avant d'entrer en scène; mais elles ne voulaient plus chanter à l'église, crainte de gâter leurs voix avec des psaumes et du latin. « Cet endroit, écrivait M^^^ ^]e La Fayette, cet endroit qui, maintenant que nous sommes dévots, est le séjour de la vertu et de la piété, pourra quchpie jour, sans percer dans un profond avenir, être celui de la débauche et de l'impiété. Car de songer que trois cents jeunes lîlles, qui y demeurent jusqu'à vingt ans, et qui ont à leur porte une cour de gens éveillés, de croire, dis-je, que

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