ACTE PREMIER
Taratatata.
Ecoutez la rumeur, etc.
A ses soldats.
Chacun à votre poste', n'oubliez pas la consigne, et maintenant par le flanc gauche, gauche, en avant marcIie.
Les soldats exécutent ce mouvement^ et sortent à drcte. FORTUNATO, à lui-même.
Ils sont ici ? (il va à Rlcardo et lui frappe sur l'épaule.) Je VOUS-
reconnais, mon brave, vous êtes au service du comte de Castelardo.
RICARDO, balbutiant.
C'est que...
FORTUNATO
N'essayez pas de nier. Je vous reconnais... Parlez.
RICARDO, troublé.
Mon Dieu ! mon Dieu !
FORTUNATO
Voyons, parlez, mon ami, ne vous troublez pas, saprelotte ! Est-ce que je me trouble, moi ? Voyons, le comte et la comtesse où sont-ils ?
RICARDO
Pas arrivés encore, je les attends.
FORTUNATO
Ne mentez pas, bonhomme. Fi! que c'est laid de mentir pour un bonhomme; il3 sont ici, leur berline est en bas; l'hôte a avoué qu'il en était descendu un jeune homme et une jeune femme.
RICARDO
Ah ! l'hôte vous a dit ?...
FORTUNATO
Oui d'abord, puis il a essayé de nous donner le change. Je l'ai provisoirement fait garder à vue dans son écurie pour qu'il ne vous prévienne pas.
RICARDO
Ainsi vous êtes chargé d'arrêter le comte de Castelardo et de le mener en prison.
23 MADAME L'ARGIÏIDUG
FORTUNATO
Fi donc! arrêter le comte, le mener en prison, ma parole d'honneur, bonhomme, vous avez des idées.. Pas du tout, c'est à son château que nous le mènerons, nous l'escorterons, c'est l'ordre de l'archiduc. Voyons, où sontils ? serait-ce par hasard ces deux voyageurs?
Il montre le comte et la comtesse.
RICARDO
Vous n'y pensez pas, regardez donc ces têtes-là... ce sont des étrangers.
LE COMTE, qui a compris.
Oh yes my dear !
RICARDO, haut.
Ce sont des Anglais... des Anglais.
Des Anglais... voyons ça. (ll passe devant la table et regarde
avec son lorgnon, la comtesse.) Elle est très-gcntilIe la petite
femme. (Regardant le comte.) Il est moinS bien, lui... (Rev'enant
en scène.) Des Anglais, ça, jamais de la vie!