‹ Madame la duchesseChapitre 12 sur 22 · M AL AME · texte numérisé non relu

M AL AME

La duchesse de Givry regardait M. de Cintrac avec un mélanse d'admiration et

d'amour.

— Comment lui dit-elle, vous ne me repoussez pas , votre cœur trouve encore de l'indulgence pour moi; laissez-moi devant vous , . à genoux , oui à genoux , mon bien aimé , laisse-moi à genoux pour te bénir de ta bonté , pour les trésors de charité que tu m'as ouverts. Oh ! j'y suis bien à tes genoux, il me semble que ton pardon y descend mieux sur moi ; tu es généreux, tu es bon, toi ; si tu savais comme j'ai été traitée , avec quelle ignominie M. deGivry me fit entendre les plus cruels reproches ; vois-tu , pour lui , je n'ai plus été qu'une fille, une misérable créature.

Et la duchesse de Givry déroula à son amant le tableau de cette nuit de violence , dont le souvenir la faisait encore pâlir.

'-^ Assez ,. aïsez ,' chère Mathilde , ne .re- • venez pas sur un passé s\. pénible, si triste a remuer, vos jours ont été bien éprouvés ; je vous demande votre avenir, confiez-le-moi, et j'ejBfacerai de votre mémoire les tribulations de votre jeunesse. Soyez ma femme, Mathilde; mon amour vous sera un asile dan^ lequel là médisance n'osera vous atteindre j pourquoi suis-je venu si tard sur votre voie douloureuse ; je vous, rencontre enfin toute couronnée d'épines, et je veux laveç les plaies de votre front. . »

La duchesse de pivry l'interrompit de nouveau.. Vous me voulez pour femme, mon ami , mais songez-vous qu'il y aura au monde un homme qui aura le dipit de dire : Cette femme a été ma maîtresse ?

— Oui , mais cet homme o^era-t-il dire : Cette pauvre femme m'avait donné son

Page 1