LA POMME D'EVE
M. le Daophin se maria au mois de mars suivant La princesse Victoire de Bavière, sa femme, se montra pleine de bonne grâce pour madame la princesse de Conti. Elles passèrent chaque jour plusieurs heures ensemble, mais ces premiers moments d'étiquette excluaient les conversations particulières, et ni Tune ni l'autre ne pensaient encore aux confidences, ce grand lien des jeunes femmes, la plus dangereuse des épreuves et certainement la plus nuisible à leur avenir. Il est très-rare qu'une des deux n'ait pas acquis une instruction plus étendue que l'autre; elles se racontent tout, elles cherchent à deviner, et leur curiosité est d'autant plus ardente qu'elle est à moitié satisfaite. Elles savent ce que leurs mères et leurs maris leur ont enseigné de la vie, mais elles ne connaissent que la route droite, et ce qu'on leur cache les occupe bien plus que ce qu'on leur a permis d'apprendre. La société des femmes est plus dangereuse de toutes manières que celle des hommes, lorsqu'on n'a pas d'expérience. On se méfie de l'amour, on ne craint pas
l'amitié, on s'y livre, il est tel sentier glissant où on n'oserait pas s'aventurer seule et où l'on entre avec une compagne. A force de s'encourager, on se décide et l'on se perd plus facilement lorsqu'on redoute moins Jes difficultés du voyage.
Parmi les filles d'honneur cte niadame la princesse de Conti, se trouvait une personne fort spirituelle, sinon fort belle, et du .premier coup d'œil la princesse la distingua. Mademoiselle Chouin arrivait de province et n'avait encore aucun usage de la cour. Présentée à la princesse par madame la duchesse de Villeroi, elle appartenait à une famille honorable, mais sans fortune, et elle venait chercher à Versailles un établissement
Quelconque. Petite, grosse, ramassée, elle n'avait 'autre beauté qu'une grande fraîcheur et de superbes cheveux bruns, aussi demeurait-elle complètement en arrière. Elle apportait à rester inconnue le même soin que ses compagnes mettaient à paraître, à faire parler d'elles. Son tact exquis lui tenait lieu d'expérience, elle voyait et reteilait tout, c'était enfin une personne tout à fait distinguée, une spirituelle femme et un noble cœur, ce qui de tout temps a été rare autour des grands de la terre.
Elle s'attacha vivement à sa maîtresse, elle se voua à son service, non par intérêt, mais par dévouement. Mademoiselle de Rechecourt n'occupa bientôt plus que le second rang dans les affections de madame la princesse de Conti. Elle-même, du reste, avait complètement changé de caractère ; rêveuse et préoccupée, elle ne cherchait plus de longues conversations avec sa compagne d'enfance , elle lui rendait loc* devoirs exigés par sa place, mais sans empressement, sans tous ces petits soins éclairés qui séparent l'obligation du dévouement. Elle s'enfermait des heures entières dans sa chambre, n'ouvrait à personne, sous prétexte qu'elle était malade, et, lorsque la princesse lui demanda l'explication de cette conduite étrange, ce fut encore l'excuse qu'elle donna.
De son côté, M. le duc de Vermandois persévérait dans une voie nouvelle, il avait renoncé au jeu, aux partiep de débauches. Assidu au cercle de Sa Majesté, il ne quittait pas Madame, sa sœur, et causait tout le temps avec les dames qui l'entouraient. Madame de Buri, très-prude et très-sévère, obligeait les filles d'honneur à une tenue des plus réservées; Elle répondait modestement aux questions des jeunes seigneurs, et les regards de plus d'un protestaient contre tette contrainte.
Un soir, au moment où la reine se retirait et où, par conséquent, une sorte de confusion s'établissait dans les groupes, mademoiselle de Ttechecourt sentit une main qui cherchait la sienne, et un billet tenta de s'y glisser. Madame de Buri la regardait en ce moment, elle se troubla, et le papier s'échappa de ses doigts ; elle se baissa vivement pour le ramasser, la dame d'honneur mit le pied dessus.
— Qu'est-ce cela, mademoiselle? dit-elle aigrement.
— Je ne sais, je l'ignore... madame... cela ne m'appartient pas.
— Ma sœur, reprit M. le duc de Vermandois à l'oreille de la princesse, ma sœur, sauvez-la ou je ne réponds plus de moi.
La princesse se retourna étonnée.
— Qu'est-ce... qu'y a-t-il ?
— Sauvez- la, sauvez-la, ne voyez-vous donc pas que cette femme va la perdre.
Madame de Buri tenait déjà la lettre et se disposait à la mettre dans sa poche, lorsque madame la princesse de Conti jeta les yeux sur elle...
— Quel est ce papier, madame? demanda-t-elle. Vous serait-il agréable de me le remettre ?
— Ce papier vient de tomber au milieu des filles de Votre- Altesse... Madame, mon devoir m'oblige à en prendre connaissance.
— Votre devoir ne vous oblige pas, je pense, madame, à vous emparer d'une lettre écrite par moi à ma
sœur, interrompit avec hauteur M. le duc de Vennandois.
— Comment, monseigneur...
— Cette lettre est pour ma soeur, tous dis-je.
- — Donnez-la-moi donc, madame, poursuivit la princesse impatientée.
Madame de Buri hésitait.
— Je l'exige, madame, je le veux.
Madame de Buri devint rouge de colère et d'indignation.
— Je serai obligée d'en rendre compte à M. le prince de Gonti, madame.
— Je vous en épargnerai la peine, madame, je l'en instruirai moi-même ce soir. Une correspondance entre M. le duc de Vermandois et moi n'est pas sous votre surveillance, que je sache.
Mademoiselle de Rechecourt se contenait à peine, elle s'appuya involontairement sur l'épaule de mademoiselle Chouin, placée à côté d'elle.
— Observez-vous, Rechecourt, dit celle-ci, madame de Buri vous regarde. Nous sommes chez une. trèsjeune princesse, on sera bien plus sévère pour nous que pour les autres filles, nous devons nous y attendre. Ainsi du courage, ou vous êtes perdue.
— Ma sœur, continuait le duc, vous brûlerez cette lettre sans la lire, vous me le promettez.
— Je la lirai, au contraire, monsieur, je dois savoir ce que tout cela signifie.
— J'irai vous voir demain, tout vous expliquer, vous tout dire, je vous le jure, mais rendez-moi ce billet.
— Que renferme donc ce papier de si terrible ? que pouviez-vous écrire à Rechecourt qui la trouble ainsi? J'ai fait ce que vous avez voulu, mais ma complaisance ne peut aller plus loin.
Le jeu finit au milieu de ce discours, madame de Buri assista en silence au coucher de la princesse, que ses femmes déshabillèrent sous la surveillance de madame Dupont, dont le vieil attachement bravait l'éti-
quette ; aussitôt que le cérémonial ordinaire fut rempli, Son Altesse renvoya tout le monde, hors la gouvernante, et* la chargea d'aller chercher mademoiselle de Rechecourt, déjà retirée dans sa chambre. Dès qu'elle fut seule, elle lut :
« Ma bien-aimée Renée, nous ne pouvons plus vivre » ainsi, vos larmes, vos prières me déchirent l'âme. Je » dirai tout au roi, et dût sa colère m' accabler, dût-il » me chasser de sa présence, je vous rendrai la justice » que vous méritez. Comptez à jamais sur mon amour » et sur ma parole. Si j'étais le Dauphin de France, » je ne serais pas libre de disposer de moi, mais un » pauvre prince légitimé a bien au moins le droit, ce me » semble, de choisir sa femme à sa guise, lorsque sur- » tout elle apporte avec elle plus de grâces et plus de » vertus que toutes les princesses de l'univers. Ce soir * je serai chez vous à l'heure ordinaire, laissez votre » porte ouverte, car je crains toujours d'éveiller ma- » dame Dupont, et que dirait-elle en me reconnaissant » sous ces habits ! Du courage donc, mon amie, Dieu » et l'amour ne nous abandonneront pas.
* » Louis-Henri- Auguste. >
' — Qu'est-ce que je viens d'apprendre! murmura la princesse : mon malheureux frère...
Mademoiselle de Rechecourt entra les yeux baissés, la démarche chancelante, elle s'approcha de la balustrade du lit sans oser la franchir, et attendit, tremblante, les ordres de sa maîtresse.
— Mimi Dupont, laissez-nous, dit celle-ci d'un ton qui ne permettait pas de réplique : venez, mademoiselle, et expliquez-moi cette étrange lettre, continua-t-elle dès qu'elles furent seules; il faut que je sache tout, c'est Je seul moyen de réparer le mal, peut-être.
— Madame, madame, ayez pitié de moi, répliqua mademoiselle de Rechecourt en s'agenouillant tout en larmes sur le tapis.
— J'aurai pitié de Vous, mademoiselle, si vous êtes # franche et si vous m'aidez à sauver mon frère.
— Oh! madame, je ferai tout pour lui, mais je ne puis supporter la honte.
— Si vous vous l'êtes attirée, vous en serez punie : le roi en sera juge.
— Le roi, le roi, madame ! dites- vous véritablement le roi?
— M. le duc de Vermandois vous écrit qu'il a résolu de tout lui révéler. * n
— Oh! madame, défendez-moi : le roi me chassera, il m'exilera, il me tuera peut-être.
— Mais pourquoi? qu'avez- vous fait? mon frère vous aime, vous l'aimez, je le comprends: ensuite d'où viennent vos larmes? quelle justice réclamez- vous? qui peut vous la rendre si ce n'est le roi?
— M. le duc de Vermandois, madame.
— Que peut-il de plus pour vous? il vous aime.
— Je vous ai parlé de ma honte, madame, réponditelle d'une voix si basse qu'on l'entendait à peine.
— Dites de vos remords, car, grâce à Dieu, il n'y a point de honte, votre faute est cachée.
— Elle ne peut l'être longtemps, Madame.
— Si vous avez du courage, si vous aimez véritablement le prince, elle peut l'être toujours : vous romprez, vous devez rompre ces liens qui ne peuvent jamais être sanctifiés.
— Il est trop tard, madame.
— Auriez-vous donc entraîné mon malheureux frère dans une folie irréparable ?* Vous aurait-il épousée secrètement? Insensée, ce mariage est nul, le roi né le reconnaîtra jamais.
— Non, madame.
— Eh bien! au noin du ciel, qu'est-ce qu'il y a donc alors?
Mademoiselle de Reohecourt éclata en sanglots et garda le silence.
— Parlez* parlez, vous me faites mourir d'inq uiétude.
— Madame, pardonnez-moi, ne me bannissez pas, je n'ai d'espoir qu'en vous.
— Achevez.,.
— Madame... eh bien... eh bien... je vais être mère.
— Vous allez être mère! cela est impossible! vous voyez donc bien que vous êtes mariée.
Renée, malgré sa douleur, releva les yeux et regarda la princesse d'un air étonné ; celle-ci reprit :
— Ne me cache rien, Rechecourt, on a abusé de ta jeunesse et de ton innocence, ce n'est pas, ce ne peut pas être mon frère. Explique-toi, je te promets toute mOn indulgence i
Sans s'en apercevoir, madame la princesse de Conti avait repris avec son ancienne favorite le ton de la familiarité ; son imagination entrevoyait une confidence étrange, elle la dévorait d'avance, elle la hâtait de tous ses yBux, elle pardonnait ce qu'elle necomprenait pas, selon l'inconséquence et la légèreté de son âge, et puis, dans cette conversation, c'était elle qui croyait savoir.
— Madame a deviné la vérité : monsieur le duc de Vermandois m'a fait l'honneur de me distinguer, et moi, seule au monde, sans conseils, sans guide, comment aurais-je résisté à cette séduction puissante? Il était malheureux, je l'étais aussi, tel a été notre premier péril ; il a trouvé le moyen de me voir sans témoins, en dérobant à madame Dupont un de ses jupons et ses grandes coiffes: j'ai résisté, j'ai résisté longtemps; mais il est revenu chaque soir, plus pressant encore, plus triste et plus affligé; il a daigné me dire que si je ne lui consacrais ma vie, je changerais toute la sienne, qu'un mot de moi, un de mes regards le rendraient capable des plus grandes actions, il a mis au prix de ma faiblesse son obéissance au roi, sa gloire; et moi, Madame, je n'ai pas eu la force de repousser ce rôle d'ange gardien, j'ai été coupable : pour le„sauver, je mesuis perdue : à présentée voulais qu'il me réconciliât avec le ciel, qu'une union secrète, ignorée de tous, fît taire les remords de ma conscience ; voilà où nous en sommes,
madame, voilà pourquoi je, suis à vos genoux, vous suppliant de venir à mon secours, à celui ^de monseigneur. Vous à qui on ne saurait rien refuser, voua qui êtes toute-puissante sur ceux qui vous entourent, vous nous couvrirez de votre égide, vous détournerez les maux prêts à fondre sur nous.
Madame la princesse de Conti, le coude appuyé, sur ses oreillers, les yeux fixes, paraissait réfléchir prof on- ^ dément : elle n'écoutait plus sa fille d'honneur, elle ne la releva pas, celle-ci attendait demi-morte la décision de son sort»
— Tu dis, Rechecourt, reprit lentement la jeune femme, que mon frère vient chez toi chaque soir?
— Oui, madame, il y venait du moins.
— Chaque soir I il t'aime donc bien Rechecourt l
— Oh! oui, madame, oui : il m'aime et je l'aime, moi!
— Et près de toi est-il embarrassé, sérieux? se jettet-il à tes genoux pour les couvrir de baisers et de larmes ? te jure-t-il qu'il t'adore, qu'il te conjure de lui pardonner?
— Oh ! non, madame, il n'est point triste, il n'est ni embarrassé, ni sérieux ; il ne pleure pas, il ne demande pas pardon; au contraire, nous sommes gais, nous sommes heureux, nous faisons mille projets d'avenir.
— Et quand vous vous séparez, est-ce toujours lui qui veut partir ?
— C'est toujours moi qui le renvoie, et c'est bien difficile, je vous assure, madame.
— De sorte que s'il pouvait rester près de toi, il y resterait?
— Il ne me quitterait jamais. N'est-ce pas toujours ainsi quand on aime ? Votre Altesse le sait 6ien, elle si chérie de son noble époux.
La princesse ne répondit pas.
— Tu peux te retirer, Rechecourt, je verrai demain Vermandois, nous chercherons ce qu'il est nécessaire
de faire dans la position où vous vous trouvez. Va, va, j'ai besoin d'être seule.
Mademoiselle de Rechecourt baisa la main de la princesse, qui la laissa faire, et resta dans la même position rêveuse après son départ. Elle attendit encore plus d'une heure, enfin elle se laissa tomber sur ses coussins et s'endormit.
Le lendemain elle n'était pas éveillée encore, que» M. le duc de Yermandois attendait déjà dans son cabinet de toilette. Madame de Buri le reçut, elle essaya d'obtenir de lui quelques confidences au sujet de l'événement de la veille ; il lui répondit à peine, et montra une grande impatience d'être admis auprès de sa sœur. Madame Dupont vint le chercher aussitôt qu'elle fut entrée chez madame la princesse de Conti; il se hâta de s'y rendre, et laissa la dame d'honneur stupéfaite de cette contravention aux usages delà cour.
Le prince trouva la jeune femme pâle et attristée ; elle lui fit signe de s'asseoir auprès de son lit, et ajouta que, se sentant souffrante, elle ne se lèverait pas.
— Et moi, ma sœur, si vous saviez tout ce que j'ai souffert cette nuit !
— Je m'en doute, Louis, car j'ai causé avec Rechecourt hier soir ; elle m'a dit des choses incompréhensibles, des choses qui m'ont laissé dans l'imagination les idées les plus étranges et les craintes les plus vives pour vous et pour moi.
— Vous savez clone tout, ma sœur ?
— Je sais tout, et j'en ai deviné plus enoore. Qu'allez-vpus faire?
— Mon devoir... parler au roi, lui tout déclarer, -épouser Renée, et reconnaître mon enfant
— Mon frère, vous me faites frémir ! le roi vous enverra à la Bastille, enfermera Rechecourt dans un couvent, voilà ce que vous y gagnerez. Je crois que le mieux est de me charger de cette affaire. Le roi m'écoute volontiers ; je prendrai son bon moment, je lui racon-
terai vos amours si semblables aux siennes, il s'y intéressera, il pardonnera, j'en suis sûre.
— Ma bien-aimée sœur, comment vous remercier !
— En continuant à vous montrer le modèle des jeunes seigneurs,1 en obéissant toujours aux ordres du roi, à mes prières.
— Et quand ferez- vous cette demande ?
— Aujourd'hui, si j'en ai la force. D'ailleurs je veux aussi parler an roi, ajouta-t-elle en soupirant.
On annonça M. le prince de Conti.*
— Vous êtes indisposée, madame, dit-il avec inquiétude, je viens de l'apprendre à la messe, et je m'empresse d'accourir. Qui a donc pu vous rendre ainsi malade ? vous étiez si belle et si brillante hier soir.
— Je ne sais, répliqua-t-elle froidement, j'ai mal dormi, la tête me brûle, je n'ai pas faim.
— Maladie de jeune femme, poursuivit M. le duc de Yermandois, elle n'a rien d'étonnant ni de dangereux.
M. le prince de Conti devint extrêmement rouge. Sa femme le regarda fixement, ni l'un ni l'autre ne répondirent à l'observation du duc.
— Je me lèverai pour ciller chez le roi et chez madame la Dauphine, reprit madame la princesse de Conti ; il est indispensable que tout cela finisse.
— Pourquoi aller chez le roi et chez madame la Dauphine ? demanda timidement son mari.
— Je dois leur parler à tous les deux, de la part de mon frère, monsieur.
— Mais, souffrante comme vous l'êtes, cela est-il prudent ?
— Je me sens beaucoup mieux depuis une heure, ne craignez rien, monsieur, il n'en résultera point d'inconvénient pour moi.
— Il faut que je vous quitte, M. le Prince m'attend; nous devons visiter ensemble la caserne des gardes, il le leur a promis ; je vous re verrai dans la journée. »
Le neveu du grand Condé sortit après avoir de nouveau baisé la main de sa femme.
— Qu'a donc mon cousin? demanda le duc, il me seipble bien singulier avec vous. Le grand amour estil donc éteint î
La princesse se troubla.
— Je vais faire ma toilette, mon frère, je suis obligée de vous prier de me laisser seule. '
— Allez donc, Louise, employez toute votre éloquence, et songez que vous tenez en votre main ma vie ou manpiort.
M. le duc de Vermandois sortit, madame la princesse de Conti s'habilla en silence, elle ordinairement si gaie et si avenante; madame Dupont même n'obtint pas un sourire. Elle se rendit chez madame la Dauphine, et y resta enfermée avec Son Altesse royale. Lorsqu'elle traversa la salle des gardes après cette entrevue pour entrer chez le roi, on remarqua que les yeux de Son Altesse sérénissime, ordinairement si beaux, étaient rouges et gonflés de larmes.