IMPRESSIONS DE MADAME D OSNABRUCK
passage esta retenir. Il avait pour objet de rassurer Charles-Louis, qui s'effarouchait, en père prudent ', de rétroite camaraderie de Madame avec un monarque galant et de bonne mine. La duchesse Sophie répondait du roi, et elle avait raison; sa chère Liselotte, qui ne se regardait jamais dans une glace « par amour-propre », n'était pas faite pour inspirer un sentiment plus vif que l'amitié ; mais la duchesse répondait aussi de sa nièce et elle avait tort : ce n'était plus du tout la même chose.
Le 16 septembre, elle résume ses impressions sur Louis XIV et Monsieur : « Le roi est sans flatterie l'homme de son royaume le plus agréable et le plus honnête; sa manière de parler est charmante; il n'oublie rien d'honnête et d'obligeant, jusqu'à se vouloir souvenir de la bataille de Trêves -, pour faire valoir Ernest-Auguste et pour me plaire; il y a bien réussi, car effectivement il me plaît beaucoup. Monsieur est fort beau aussi, son visage est plus long que celui du roi; c'est un des meilleurs princes du monde; je lui ai mille obligations de toutes les bontés qu'il a eues pour moi. Je crois qu'il ne fera point de désordre dans l'État, comme a fait feu M. d'Orléans ^; le roi est heureux d'avoir un frère comme lui. Mais je vous dis peut-être bien des choses que vous savez déjà. »
1. Voyez, entre autres, une lettre que Charles-Louis écrivait à sa soiur le 23 septembre 1676, et la réponse de la duchesse Sophie, le 15 octobre suivant.
2. 11 s'agit de la prise de Trêves sur le maréchal de Gréqui, le 3 septembre 1675, par le duc de Lorraine. Le duc Ernest- Auguste, mari de la duchesse Sophie, venait de se détacher de la France et se trouvait parmi les assiégeants.