‹ Madame, mère du régentChapitre 115 sur 220 · LA PAIX RONGEANTE · texte numérisé non relu

LA PAIX RONGEANTE

morceaux de ses États qui avaient figuré jadis parmi les « dépendances « de révcclié de Metz. Nos troupes les occupèrent sans cérémonie; nos agents « délièrent les habitants de leur serment de fidélité à rÉlecteur' », leur en firent prêter un autre au nouveau maître, et réclamèrent en son nom des contributions qu'il fallut payer. Deux d'entre eux s'installèrent à Heidelbei'g, sous prétexte d'affaires à traiter, et s'y rendirent intolérables. Ils se grisaient avec le vin de Charles-Louis, et devenaient alors si insolents que le pauvre homme en était réduit à s'estimer trop heureux quand sa santé, devenue très précaire, lui fournissait une excuse pour manger à part dans sa chambre. Il écrivait à sa sœur, le 3 avril 1680 : « Mon indisposition me rend libre [des insultes] qu'on souffre de ces messieurs français à table, quand ils s'enivrent, et mon maréchal en a le plaisir et l'incommodité, qui leur peut rendre la pareille pendant que je mange encore mon pain seul et en repos, sans me soucier des bisques ». De la duchesse Sophie, le 18 avril : « Je trouve insupportables les insolences que vous êtes obligé de souffrir du sieur de la Goupillière^; la faveur de Liselotte lui sert de peu de chose, si elle ne peut obtenir qu'on vous traite d'une autre manière. » De Charles-Louis, le 24 avril : « Si vous saviez comment je suis tourmenté et par ci et par là, vous pardonneriez aussi bien à ma cervelle qu'à mes yeux que je vous reuds compte si confusément de mes pensées. »

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