‹ Madame, mère du régentChapitre 125 sur 220 · Souligné dans Toriginal · texte numérisé non relu

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contre les pauvres pécheresses, que ie premier mouvement était de rejeter cette pensée bien loin; le second était d'en rire, et « on en riait ^ », mais discrètement, lorsqu'on n'était pas au fond de la Bretagne; c'était plutôt un sourire. Une lettre de Mme de Maintenon à son amie Mme de Brinon nous donne le ton. Elle est du 25 décembre 1686, six semaines après l'opération du roi*: « Le roi... a entendu trois messes aujourd'hui, après lesquelles il est venu voir Madame, où il a été une grosse heure.... Madame se porte fort bien. La joie est peinte sur son visage de la guérison du roi. Je crois que vous n'en doutez pas. » On s'amusait de l'idée que Madame ne fût pas invulnérable, et il ne venait toutefois aucune mauvaise pensée à âme du monde, car, sans parler de raisons qui pourraient être désobligeantes, on la savait l'honnêteté même. Elle, cependant, était en train de perdre la tête. Nous touchons au moment où Liselotte va afficher follement sa haine furieuse contre Mme de Maintenon, une véritable haine de femme jalouse, et qui serait restée une énigme, sans « la bonne Tarente » et quelques autres indiscrets. Les maîtresses du roi n'avaient jamais porté ombrage à Madame; leurs intérêts étaient trop différents. Madame n'en faisait point sa société ordinaire ; elle ne les évitait pas non plus, et elle s'était même rap-

1. Mme de Maintenon d'après sa correspondance authentique, par A. Geoffroy (Paris, 2 vol., 1887). Vol. I, p. 183. Sur ce chapitre délicat, cf. VHistoire de Mme de Maintenon du duc de Noailles (Paris, 1857, 4 vol. gr. in-S"), vol. 111, p. 284.

2. Le roi avait été opéré d'une fistule le 18 novembre. C'était ce qu'on appelait « la grande opération ».

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