‹ Madame, mère du régentChapitre 131 sur 220 · Vol. I, p · texte numérisé non relu

Vol. I, p

2. On croyait Mlle de Théobon mariée secrètement au comte de Beuvron. Si ce n'était pas vrai, cela le devint bientôt après, et le mariase fut déclaré en 1686.

les marques qu'elle en put donner. Le roi, voyant cette discussion, crut qu'il y allait de son honneur de la faire cesser, et, ayant fait revenir Monsieur et Madame à Versailles \ il les alla voir l'un et l'autre dans leurs appartements, et après bien des allées et venues qu'il voulut bien faire lui-même, il fit en ' sorte de rapprocher ces deux esprits qui étaient si fort aliénés l'un de l'autre, de manière qu'il les fit embrasser.... »

Madame nous a conservé ^ le détail de ces négociations laborieuses. Elle a reproduit ses entretiens avec Louis XIV en français, ce qui nous vaut de précieux échantillons du langage du grand roi dans l'intimité. Le Louis XIV qu'elle nous montre est beaucoup plus près de l'humanité que le monarque majestueux qui congédiait sèchement les visiteurs avec, pour toute réponse, son fameux « je verrai ».

Sa belle-sœur l'avait accueilli par une prière « de finir ses jours à Maubuisson », requête fort inattendue de sa part; elle avait les couvents et la vie de couvent en horreur. Le roi répondit : « Mon frère est dans des sentiments bien différents. Il m'a écrit une lettre par où il me prie de vous parler, et pour vous porter à vous raccommoder avec lui, et je vous avoue que je le souhaiterais de tout mon cœur par l'amitié que j'ai pour vous deux, et je

Page 1