LA PRINCESSE SOPHIE
de loin comme de près. La sœur de Charles-Louis avait été merveilleusement préparée à ce rôle par son expérience précoce de princesse pauvre, à la recherche d'un établissement.
Sophie, comtesse palatine du Rhin, née à la Haye en 1630, était le douzième des treize enfants que Frédéric V, électeur palatin et roi de Bohême, avait eus d'Elisabeth Stuart, fille de Jacques I", roi d'Angleterre. Ses parents s'étaient fixés aux Pays- Bas après leurs malheurs, et y avaient vécu d'expédients. La princesse Sophie n'avait pas connu son père, mais elle avait vu sa mère à la peine, tourmentée par ses créanciers et vendant un bijou pour avoir à dîner. Au milieu de sa misère, la reine déchue tenait une cour où affluaient les Anglais de passage, et à laquelle sa passion pour les animaux donnait une physionomie à part : « La vue de ses guenons et de ses chiens lui était plus agréable que la nôtre », écrit sa fille ^ Dans ces conditions, les enfants essaimaient à l'envi dès que leur âge le permettait, et chacun se tirait d'affaire comme il le pouvait.
L'aîné des garçons était Charles-Louis^. Son rétablissement dans le Palatinat avait été d'un heureux augure pour les siens; il promettait des jours meilleurs. La reine Elisabeth y compta, et fut vite