‹ Madame, mère du régentChapitre 151 sur 220 · Du 18 juillet · texte numérisé non relu

Du 18 juillet

2. La cour de France était partie le 26 mai pour la Bourgogne, la Franche-Comté et l'Alsace. Madame avait donné rendez-vous à sa mère. Elle la vit, entre autres, le 4 juillet, près de Bouquenon {Gazette du 10 juillet 1683).

gine des abominations de 1689. On se souvient qu'elle y renonçait à ses droits successifs sur « les biens souverains et féodaux... se réservant seulement ses droits sur... les allodiaux de sa maison * ». Ce furent ces derniers mots qui ouvrirent la porte aux difficultés.

Charles-Louis avait réglé sa succession dans le testament dont nous avons déjà parlé : « Nous ordonnons et voulons en premier lieu que nos joyaux, peintures, chevaux, artillerie, munitions de guerre, bibliothèque et tous autres meubles qui nous sont avenus et arrivés de feu nos ancêtres ou que nous avons acquis ailleurs, quelque nom qu'ils puissent avoir, appartiendront et demeureront, en tant que nous n'en avons pas disposé ou que nous n'en disposerons pas autrement, à notre fils et successeur Électoral, et après son décès à ses hoirs mâles, et au défaut d'eux à ses filles, et lors qu'il n'y en aura point, à sa sœur germaine, notre fille Elisabeth-Charlotte et à ses hoirs; excepté néanmoins la bibliothèque, artillerie et munitions de

1. Arch. nat., K. 542, n° 9. — En quoi consistaient au juste les « allodiaux ■>? La question est très difficile; le mot allodial avait plusieurs sens, selon les pays et les époques. En France et au xvii" siècle, l'expression d'allodiaux désignait généralement les « francs-alleux », c'est-à-dire les terres exemptes de droits seigneuriaux. Mais elle avait aussi désigné plus anciennement des biens compris dans la succession, ou ceux que le propriétaire du moment avait recueillis par succession, et Louis XIV cherchait à tirer parti de ces deux derniers sens. (Cf. le Recueil des inslruciions données aux ambassadeurs, etc., publié par le ministère des Affaires étrangères : Bavière, Palatinat, Deux-Ponts, éd. par A. Lebon; p. 395 et 401. Paris, 1889.) En Allemagne, il existait des formes d'allodiaux que nous n'avions pas en France; de là des complications à l'infini.

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