LA SUCCESSION DU PALATINAT
guerre, qui demeureront à la maison Électorale. » Le testament assurait encore à Liselotte sa dot, sa part « d'ameublements » et la moitié d'une créance très aléatoire. Il n'y était pas question des terres qui auraient dû rentrer dans les allodiaux sur lesquels son contrat réservait ses droits. Charles- Louis le faisait même remarquer à son fils, dans l'espoir que le prince Charles lui revaudrait cela en complaisances pour les raug-raves : « Nous avons la confiance paternelle... qu'en considération de ce que nous lui avons laissé parla présente disposition la meilleure partie de nos allodiaux... il se trouvera d'autant plus obligé, etc. » On a vu que le prince Charles ne se trouva obligé à rien du tout.
Il fit à son tour un testament \ par lequel, n'ayant point d'enfants, il se désignait un « héritier et successeur ». Madame n'y était pas nommée. La duchesse Sophie prévit que ce testament-là plairait moins à Versailles que celui de son frère Charles- Louis, où « Madame était nommée pour ce qui de droit lui devrait appartenir^ », et ce fut en effet ce qui arriva. La France protesta contre le testament du prince Charles et fit valoir que « le droit naturel » appelait Madame à sa succession, non pas seulement pour les portraits de famille ou l'argenterie, mais encore pour « tous les pays, villes et places dont son père et frère ont joui paisiblement pendant leur vie^ », autrement dit pour le