A Charles-Louis, le 8 décembre
coup d'enfants à établir. Un jour qu'elle avait vu l'évêque de Tina s'agiter pour des difficultés dogmatiques, elle écrivit à son frère, assurée d'en être comprise : « Ce ne sont pas ces points-là qui nous touchent fort le cœur, pensais-je en moi-môme; il faudrait de bons bénéfices pour nos enfants, ce qui les accommoderait plus que des spéculations où personne n'entend rien. Si l'on doit rentrer dans l'Église romaine, il faut qu'on nous récompense pour cela, car nous sommes d'opinion que nous pouvons être sauvés comme nous sommes, et qu'on le peut être aussi de l'autre manière; pourquoi donc changer pour rieni? » Elle y revenait sans cesse, et quelques théologiens protestants étaient de son avis : « Ne point rendre les biens d'Église, mais, au contraire, en pouvoir posséder davantage^. » Pour certaines personnes, l'affaire de la réunion des deux Églises tenait tout entière dans cette formule.
Rome était résignée à payer. Elle ne voulait pourtant pas faire un marché de dupe, et son nonce à Vienne l'engageait toujours à se défier : il jugeait l'entreprise impraticable. Charles-Louis en était venu de son côté à la proclamer « chimérique » ». Tous les deux savaient à quelle opposition formidable on se heurterait en dehors des châteaux des princes. La duchesse Sophie elle-même était forcée d'en convenir : « Contre mon attente, ceux de notre