L UNION DES EGLISES
relig-ion sont les plus sots dans cette rencontre ^ . » Et même dans les châteaux, les plus avides étaient arrêtés par une idée indépendante des « articles de foi ». Les princes protestants, Charles-Louis en tête, craignaient que la réunion des deux Églises n'amenât des conflits d'autorité avec Rome. Depuis la Réforme, charbonnier était maître en sa maison : il ne supportait plus la pensée que le Pape se mêlât de ses affaires.
Un théologien protestant, l'abbé Molanus, dont il est souvent question dans Bossuet avait trouvé un expédient propre à rassurer les princes. Il avait confié à la duchesse Sophie, au cours d'un entretien sur les « points » à régler, qu'il espérait obtenir de l'évêque de Tina, pour les Etats qui accepteraient de se réconcilier avec Rome, un régime ecclésiastique analogue à celui de la France : « L'un (des points), avait dit l'abbé, serait la souveraineté des princes sur leur Eglise, de la même manière que le roi de France la tient ^ » Autrement dit, l'abbé Molanus réclamait pour l'Allemagne nos libertés gallicanes, idée qui avait peu de chances d'agréer au Saint-Père. Il fallait même être singulièrement ignorant des affaires de France pour s'imaginer que le pape Innocent XI consentirait à étendre à d'autres pays un régime qui le blessait dans le nôtre, et qui faillit le brouiller avec Louis XIV.
Nous ne possédons pas, et c'est grand dommage, la suite des conversations de la duchesse Sophie