Lettre du 7 avril 1695 ii la duchesse Sophie
de la môme religion, les évêques et la prêtraille n'auraient plus rien à dire. »
Il va de soi que les affaires religieuses de notre pays la touchaient encore moins que celles de l'Allemagne. La révocation de TÉdit de Nantes fut signée le 18 octobre 1685. Le lendemain, « M. le chancelier scella... la cassation^ », qui devint aussitôt publique et fut la grande nouvelle du jour, sauf pour Liselotte. Le 1" novembre, elle écrite sa tante, lui parle de ses affaires d'héritage, de ses ennemis : de la révocation, pas un mot. La correspondance se poursuit : même silence. Ce n'est pas, au moins, que Madame approuve ce qui se passe. Il était impossible d'avoir une tolérance plus large et plus sincère. Les persécutions lui faisaient horreur, et elle ne s'y accoutumera jamais. Elle écrivait en 1696 : « J'avoue que j'ai toujours des impatiences quand j'entends louer le grand homme, du haut de la chaire, de persécuter les Réformés -». Mais il faut la prendre comme elle est. Liselotte n'était pas faite pour les idées sérieuses. Les questions religieuses « l'ennuyaient », les cultes « l'ennuyaient», et les petites pratiques, et tout ce qu'elle appelait « les grimaces ».
Le plain-chant lui était insupportable : « A-a-a-ii-i... »; de sorte que la première vertu d'un aumônier consistait pour Madame à en avoir vite fini. On se le tenait pour dit : « J'ai un chapelain qui m'expédie la messe en un quart d'heure; c'est tout