‹ Madame, mère du régentChapitre 17 sur 220 · Mémoires, p · texte numérisé non relu

Mémoires, p

la passion qu'il avait pour moi'. » Un troisième prince, George-Guillaume, duc de Hanovre, Tavait demandée en mariage, un peu malgré lui, et elle l'avait accepté. Il la repassa, sans la consulter, à Tun de ses frères, et elle accepta encore, avec une indifférence méprisante, jointe à la ferme volonté de bien vivre avec son mari, quel qu'il fût. Ce fiancé d'occasion laissa couler le temps sans paraître à Heidclberg, de sorte que la princesse Sophie était toujours fille quand les affaires Degenfeld vinrent lui donner une impatience extrême de quitter le pays. Non pas qu'elle fût choquée d'avoir un frère bigame; elle ne se scandalisait pas pour si peu; mais le château n'était plus habitable pour une personne aussi amie de son repos.

Sa patience fut récompensée. Elle raconte dans ses Mémoires l'arrivée de son futur époux, et ajoute ce mot qui la peint : « J'étais bien aise de le trouver aimable parce que j'étais résolue de l'aimer* ». Les noces eurent lieu le 18 octobre 1638. Le marié s'appelait Ernest-Auguste, duc sans territoire de Brunswick-Lunebourg. Il était bel homme, et ce n'était pas un mauvais parti : Il était coadjuteur du cardinal de Warteraberg, évêque d'Osnabriick, et destiné à lui succéder sur son siège épiscopal. Quelques éclaircissements sont ici nécessaires.

Il importe de distinguer, dans l'Allemagne de la Réforme, entre les foules obscures qui cherchaient

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