‹ Madame, mère du régentChapitre 171 sur 220 · Lettre du 12 mai 1702, à la même · texte numérisé non relu

Lettre du 12 mai 1702, à la même

faisait le roi aux grandes fêtes ? Le roi était « niais » en religion. Il ne Tétait pas pour le reste, s'empressait d'ajouter Madame, mais, en religion, il Tétait extraordinairement. Il Tavait toujours été, et il Tétait devenu plus encore, depuis qu'il était gouverné par Mme de Maintenon.

Pourquoi, par exemple, attacher une importance quelconque à ce qu'on soit catholique plutôt que luthérien ou calviniste? C'est une pure manie. Madame racontait à ce sujet sa célèbre anecdote de « l'Anglais » : « Il s'appelait Fielding . Un jour, Wendt * lui demande : — Étes-vous huguenot, monsieur^? — Non, dit-il, — Vous êtes donc catholique? — Encore moins. — Ah/ dit Wendt, c'est que vous êtes luthérien! — Point du tout. — Et qu'êtesvous donc? — Je m'en vais vous le dire, repartit l'Anglais ; fai un petit religion à part moi. — Je crois, ajoutait Madame, que j'aurai bientôt, moi aussi, un petit religion à part moi. w C'était déjà fait, si toutefois le déisme nébuleux de Madame peut encore s'appeler « un petit religion », et la cour de France n'en ignorait point. Dans ses lettres à ses sœurs, qu'elle scandalisait par son impiété, Madame s'essayait quelquefois, pour les consoler et les rassurer, à parler, elle aussi, le patois de Chanaan et à raisonner sur la grâce et le péché; mais elle ne se mettait pas en frais de bonnes paroles pour des Français ; aussi passait-elle chez

1. Lettre du 13 septembre 1G90, à la duchesse Sophie. Wendt était grand maître de la maison de Madame. C'était un Allemand; il avait été son page à Heidelberg.

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