‹ Madame, mère du régentChapitre 206 sur 220 · Epilogue; dernières années du règne · texte numérisé non relu

Epilogue; dernières années du règne

de Louis XIV; solitude et ennui; la régence;

isolement, tristesse; la mort.

Après la réconciliation, Madame s'abstint d'attaquer Mme de Maintenon pendant cinq mois et seize jours. Le 27 novembre 1701 elle n'y tenait plus. Elle écrivait à rÉlectrice Sophie : « en général, on me traite bien; en particulier, on ne veut de moi nulle part ». Madame s'était présentée chez Mme de Maintenon et n'avait pas été i^eçue; des expériences analogues répétées lui avaient fait comprendre qu'on ne tenait pas beaucoup à sa société. Le roi continuait à se montrer plein de bonté pour elle, mais il la recherchait déjà moins; quand elle venait lui parler, il la congédiait assez promptement, devant tout le monde, tandis que d'autres plus heureux, n'étaient jamais de trop. En 1703, le 27 mars.

1. Ici s'arrêtait la partie de l'ouvrage qu'avait écrite Mme Arvède Barine et que la mort l'a empêchée de terminer. Nous avons rédigé ce dernier chapitre d'après les notes et les documents laissés par elle. Louis Batiffol.

Dangeau note dans son Journal : « le roi, après la messe, alla courre le cerf; Mme la duchesse de Bourgogne était avec lui dans la petite calèche et Madame dans une calèche seule ». La même remarque reparaît plusieurs fois et le 9 août Dangeau précise : « Le roi courut le cerf l'après-dînée ; Madame qui est toujours de ces chasses-là est dans une petite calèche différente de celle du roi et le suit toujours. » « Il faut qu'on ait rendu ma société terrible ment antipathique au roi, écrivait Madame, car il ne faut pas qu'il soit avec moi un seul instant. A Marly Sa Majesté permet que je la suive à la chasse, car là, chacun est à part dans sa calèche : mais ici (à Versailles) voilà deux fois que le roi va à la chasse sans m'emmener parce qu'il faudrait me prendre dans sa voiture; j'avoue que ce mépris m'a d'abord fait un peu de peine, mais j'en ai pris mon parti. » Elle n'en avait pas pris son parti si facilement. D'où venait cet éloignement? Ennuyaitelle le roi? c'était possible, le roi devenant inamusable et peu à peu de son côté. Madame se transformant en vieille dame à manies, occupée de chiens, d'oiseaux, d'odeurs. En réalité l'absence de sympathie de la part de Mme de Maintenon, créait entre les deux femmes une atmosphère d'hostilité latente, en tout cas de froideur revêche. Les rapports, ostensiblement, demeuraient à peu près passables. « On ne me fait ni bien ni mal mandait Madame le 28 février 1703; on ne veut de moi nulle part, je vis à part; j'ai fait de mon mieux pour être avec le roi et aussi avec Mme de Maintenon comme toute la maison royale; puisqu'on ne le veut pas, il faut

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