LE REGENT
appelé « un fanfaron de vices », devenu libre et à peu près le maître, se laissait aller de plus en plus à ses penchants. Il fallait bien pour Madame le reconnaître : « il ne se gêne plus dans ses débauches », gémissait-elle. Mais ne lui ayant rien dit sous le feu roi, ne fût-ce que pour faire pièce à sa belle-fille qu'elle détestait, elle n'allait pas s'aviser maintenant, étant donné la situation et l'âge du Régent, de lui parler. En réalité elle était navrée. Elle l'était tant qu'elle ne voulait pas oser souhaiter pour son fils la mort de Louis XV etl'avènement du Duc d'Orléans au trône. Peut-être y. avait-elle songé au début; elle était revenue sur ces impressions : « Il serait injuste de souhaiter la mort du jeune roi, écrivait-elle % parce que ce serait l'intérêt de mon fils. Dieu me préserve de sentiments aussi barbares et que je considère comme des péchés. Si je pouvais vivre assez longtemps pour voir ce jeune roi marié et ayant des héritiers, je n'en murmurerais pas. » La satisfaction première du début en voyant son fils arriver aux honneurs s'atténuait rapidement et disparaissait même pour ne plus laisser place qu'aux plaintes reprenant de la vieille Liselotte désabusée.
Avait-elle espéré jouer un rôle politique et l'avaiton priée de rester tranquille? Les ministres avaientils pris leurs précautions pour éviter son ingérence et l'avaient- ils découragée d'avance? Il semblerait. Elle informait M. de Harling le 12 octobre 1715 qu'elle ne demanderait jamais rien aux ministres