‹ Madame, mère du régentChapitre 25 sur 220 · Lettre de la duchesse Sophie du 17 juin · texte numérisé non relu

Lettre de la duchesse Sophie du 17 juin

Encore moins pour polir son langage et former son esprit à la délicatesse; mais, ici, l'entourage n'était plus seul en faute. Le premier coupable était la duchesse Sophie, cette femme supérieure à plusieurs égards, que Leibniz n'appellera pas autrement que « notre grande Électrice », et dont Madame écrira avec enthousiasme : « Ma tante n'est pas seulement le lustre de sa cour, mais de toutes les cours. Où trouverait-on quelqu'un ayant autant d'intelligence et de vertus*? » Son intelligence et ses vertus ne l'empêchaient malheureusement pas d'être d'une grossièreté qui confond chez une « grande princesse ». Elle adorait les mots sales, les histoires de chaise percée et les obscénités, comme Madame, du reste, sa digne élève pour les goûls orduriers. C'était dans le sang. Charles-Louis trouva un jour plaisant de charger sa fille — elle n'avait pas seize ans — de transmettre à la duchesse Sophie une question obscène. L'enfant fit la commission, reçut la réponse, et sa tante trouva aussi l'idée plaisante -.

Toutes les bienséances étaient également méprisées à la cour de Hanovre. A peine arrivée, la nouvelle duchesse avait profité de l'exemple que lui donnait son mari pour faire son courrier à l'église, pendant le service. Ils ne croyaient à rien ni l'un ni l'autre ; mais la présence au culte était une question d'étiquette, et l'on s'arrangeait pour s'ennuyer le moins possible. Dans les bons jours, on écrivait ses

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