‹ Madame, mère du régentChapitre 34 sur 220 · Schreibcn des Kurfiirsten, etc., p · texte numérisé non relu

Schreibcn des Kurfiirsten, etc., p

Tarrivée des employés à sa « chancellerie» et notait ceux qui étaient en retard. Il veillait à ce que chaque bouteille sortant de sa cave fût enregistrée, et à ce qu'il lui restât bien son compte. Il se tenait au courant des moindres faits et gestes de « madame la raugrave » et la rabrouait fréquemment. On se ferait une idée très fausse de leurs relations si Ton s'en fiait aux lettres imprimées oîi il entretient familièrement son « ange » et son « trésor » de leurs affaires de ménage, des gens qu'il a vus, de la santé des enfants et des petits cadeaux qu'il envoie à leur mère : des bonbons, un remède contre le mal de dents, deux melons, avec recommandation de ne pas en manger trop à la fois, une vieille fourrure dont il ne veut plus, mais qui pourrait peut-être « servir aux enfants ». Il faut mettre en regard de cette correspondance très bourgeoise, mais très affectueuse, les lettres pathétiques où Louise, en réponse à d'autres que nous n'avons pas, et qui n'existent sans doute plus, se déclare la plus malheureuse créature de la terre et demande pardon « à genoux » d'avoir eu envie d'une distraction innocente, ou de n'avoir pas su empêcher sa famille de venir la voir, ou de tel autre crime aussi grave.

Liselotte entendait les échos de ces cris de désespoir. Son père lui prêchait par son exemple la faillite du mariage, régulier ou irrégulier, d'arrangement ou d'amour, et elle ne demandait qu'à profiter de la leçon : « J'aurais été bien contente, écrivait-elle dans sa vieillesse, si on m'avait permis de îie pas me marier, et de mener une bonne vie de

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