NÉGOCIATIONS DE MARIAGE
Ses sentiments, au cours de ces longues négociations, sont ce que nous connaissons le moins. On s'en occupait peu. Elle ne cachait pas qu'elle se mariait à contre-cœur : « II est bien vrai, écrivaitelle longtemps après, que je suis venue en France par pure obéissance à Sa Grâce, monsieur mon père, et à mon oncle et ma tante de Hanovre; car ce n'était rien moins que mon inclination *. » Elle avouait aussi que le regret amer de quitter sa chère Allemagne entrait pour beaucoup dans sa répugnance. Se mêlait-il quelque inquiétude à son regret? Fut-elle mise au courant de ce qui se disait de Monsieur et qu'en pensa-t-elle? On l'ignore. En revanche, il est certain que l'abjuration la laissa assez indifférente. Son père avait toujours veillé à ce qu'on lui donnât une religion « vague et tiède » qui ne pût jamais lui devenir une gêne, et elle était habituée à l'idée qu'une conversion est une affaire. On possède une lettre où elle s'étonne que certain duc de Brunswick se soit fait catholique, car, ditelle naïvement, « cela ne lui rapportera pas un sol - ». Quand son père lui parla de se convertir, elle craignit les jugements du monde si elle « changeait de religion seulement pour avoir un mari ^ », et sans s'être informée de ce qu'il lui faudrait croire en devenant catholique. On lui fournit les moyens de satisfaire le monde; elle n'en demanda pas davan^ tage.
Charles-Louis avait sous la main l'un de ces