LE CONTRAT DE MARIAGE
protestantisme en esprit libre, auquel peu importe Tétiquette, puisqu'il n'y a rien dessous.
Débarrassée de la seule pierre d'achoppement sérieuse, Anne de Gonzague pressa son beau-frère d'en finir avec le contrat. On l'avait dressé à Paris d'après celui de la première Madame, mais il y manquait le chiffre de la dot de la future, et Charles-Louis s'obstinait à ne pas le donner, comme s'il espérait y gagner. La Palatine eut beau lui affirmer que Monsieur l'acceptait d'avance, quel qu'il fût, elle n'en put jamais tirer que les lignes suivantes, qui auraient certainement fait manquer le mariage s'il s'était agi de deux bons bourgeois discutant le contrat de leurs enfants : « (19 octobre 1671.) Co/?2me on n'a point demandé le quantum de la dot, qui est peu de chose et que la somme doit être connue, je n'ai pas cru le devoir marquer. » Monsieur était au courant de la réputation d'avarice de son beau-père, et s'attendait à ne jamais toucher un sol de la dot de sa femme. Il passa outre, et on lit dans son contrat : « en faveur dudit mariage, mon dit Seigneur, prince Électeur Palatin, a constitué en dot et fait don à ma dite dame princesse sa fille de la même somme que les princesses de la maison Palatine ont accoutumé de recevoir et... qui sera délivrée partie en argent, partie en bagues, etc., dont inventaire et estimation sera fait*... » On possède « l'inventaire et estimation ^ », Liselotte apportait en France pour 10400 livres de bijoux, colifichets, ustensiles de table ou de toi-